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Monblôg


Monblôg aime qu'on lui flatte les flancs mais aussi qu'on lui corrige l'orthographe, qu'on lui fasse des compliments, des gouzis-gouzas ou qu'on lui offre des dessins.
Attention : ça reste une bête sauvage !
Dessin de SAD.

Inspired by...






La Boule d’Awhan, vous connaissez ?

Non, ce n’est ni du vin ni du fromage…

 

C’est un monde qui s’étiole mais qui demeurera éternel grâce à la plume d’un chroniqueur farfelu, Lug-Uleth Darkhaz (dit Lud) protégé dans ses pérégrinations par Monblôg le gardien du grimoire. Un univers que je vous laisse découvrir à votre guise.

 

Bonne lecture !

 

18 janvier 2009 7 18 /01 /janvier /2009 01:04

Alors que je me dirigeai vers la Mafialie pour parfaire mes connaissances sur Octopus IV l’Unificateur, une violente tempête m’obligea à me replier dans un refuge du Cirque de la Bauge d’Ulû en attendant que le ciel offre un temps plus propice aux escapades. Là, je rencontrai des gens de divers horizons qui comme moi s’étaient fait surprendre par l’humeur changeante du climat. Cependant, je ne perdis pas complètement mon temps puisque j’en appris un peu plus sur la région grâce à un Gnome qui semblait connaître le coin comme sa poche.

 

La Patte d’Ulû

 

Il y a bien longtemps vivait dans cette région, Falubert, troisième fils d’Olduc et Maloïs, un gentil couple de bergers sans nulle autre richesse qu’un beau troupeau de brebis.

Falubert n’était pas comme ses deux frères qui désiraient plus que tout au monde, prendre la suite de leur père et s’enrichir en vivant de simples vies de berger. Non, Falubert était plutôt du genre rêveur et n’aspirait qu’à une seule chose, découvrir la Boule d’Awhan et quitter ses montagnes natales pour mener une vie d’explorateur.

Comme il n’y avait de toutes façons pas assez de brebis pour que les trois fils puissent avoir un troupeau suffisamment fourni, les parents de Falubert ne s’opposèrent pas à son départ lorsqu’il en fit la demande. C’est ainsi qu’il se retrouva sur la route avec un âne, son baluchon et le sourire aux lèvres de celui qui s’apprête à réaliser son rêve.

 

Ce n’est que bien des années plus tard qu’il revint à ses origines après avoir parcouru de nombreux sentiers jusqu’aux steppes d’Oukikaïdur, très loin à l’est. Lui qui était parti jeune homme avec peu de bagages revenait avec une caravane de quelques poneys, des domestiques et surtout une femme.

Laïra était la fille d’un puissant seigneur oriental et Falubert en était tombé éperdument amoureux au point qu’il s’inscrivit à un tournoi de Zubsmirtoff [1] pour gagner la main de la belle. Une fois la victoire obtenue, il s’était fait passé pour un riche marchand et le père de la jeune femme consentit au mariage d’autant que les sentiments des deux tourtereaux semblaient réciproques.

Les noces furent célébrées rapidement et les époux se virent offrir de nombreux présents parmi lesquels on trouvait entre autre, des pierres précieuses, des galets chnikof qui permettaient d’allumer un feu en les frottant, un balai laïka, une sorte d’instrument de musique fabriqué à partir d’un balai et de trois longs cheveux de nymphe ainsi qu’un petit animal de compagnie, à la fois bête à poils, à plumes et à écailles avec des griffes d’émeraude. Les deux époux l’avaient nommé Ulû en raison du petit cri qu’il poussait parfois.

 

Les retrouvailles furent chaleureuses et après des présentations qui ne manquèrent pas de réjouir et d’émouvoir la famille, trois brebis furent égorgées et un festin fut donné.

Lors du repas, le frère aîné de Falubert s’éclipsa, prétextant que les loups faisaient des ravages et qu’il devait surveiller ses brebis. Il monta donc dans les hauteurs avec comme à son habitude un baluchon contenant quelques victuailles sauf que cette fois-ci, il traînait Ulû dans son sac. Les griffes d’émeraudes avaient tout de suite attiré l’œil du jeune homme et il s’était mis en tête de les arracher à la créature pour enfin devenir riche.

Lorsqu’il sortit Ulû du sac, celui-ci ne tenta pas de s’enfuir. Bien au contraire, la créature semblait tendre ses griffes pour que quelqu’un le soulage d’un poids inutile. Ce quelqu’un ne fut autre que le frère aîné de Falubert qui une fois son forfait accompli s’enfuit en direction de la ville la plus proche où il pourrait vendre les pierres précieuses. Ulû lui, s’endormit.

Malheureusement, après quelques heures de marche, l’aîné des enfants d’Olduc et Maloïs fut attaqué par une créature ailée sur un pont au dessus du Béryl, un torrent tumultueux aux teintes vertes. On dit d’ailleurs que cette couleur serait liée aux émeraudes que tenait le frère aîné de Falubert lorsqu’il tomba dedans.

 

Au village personne ne se doutait du drame qui venait de se jouer et le seul changement apparent dans la vie de tous était que Ulû semblait avoir grandi, que des ailes lui avaient poussées et surtout que ses griffes étaient désormais bleutées telles des lapis lazuli.

Le cadet des trois fils de Maloïs et Olduc s’était épris de la fille du tavernier et ayant vu la réussite de son jeune frère, il eut envie lui aussi de se marier. Mais pour cela, il lui fallait bien plus de richesses qu’il n’en possédait. Un matin, une idée lui vint. Dans sa petite tête il pensait que si son frère était revenu aussi riche c’était forcément que quelque part, une force divine voulait qu’il en fasse profiter sa famille. Ainsi, il décida d’enlever Ulû à son tour ne sachant pas alors quel destin tragique l’attendait.

La créature n’opposa aucune résistance au jeune homme qui avait dans l’idée de lui arracher les griffes puis de rejoindre la Mafialie toute proche où il pourrait vendre son butin. La première partie du plan se déroula sans accroc, Ulû semblant une nouvelle fois heureux de se débarrasser de ses appendices ornementaux inutiles. La seconde partie en revanche ne fut qu’un désastre. Alors que le deuxième frère de Falubert gravissait le glacier du Lajevard, il glissa malencontreusement et alla s’écraser au fond d’une crevasse. Depuis ce jour le glacier affiche une teinte bleue foncée peu commune.

 

Les jours passèrent alors sans que personne n’ait de nouvelle ni des deux frères de Falubert ni d’Ulû jusqu’au jour où un dragon vint terroriser la région détruisant les troupeaux des bergers, s’attaquant aux enfants et dévorant les quelques guignols qui sortant de la taverne hurlaient « Ulû » comme s’ils avaient une quelconque vaillance à étaler au grand jour. Car oui, le dragon était bien Ulû, il ne fallut pas beaucoup de temps aux habitants du Cirque pour le comprendre. Et il leur en fallut encore moins pour demander à Falubert et Laïra de les débarrasser de la bête. Après tout, ils étaient les vrais responsables de cette catastrophe.

Les deux époux décidèrent alors d’essayer de réparer le mal que leur amour venait de causer à la région en attirant le dragon au sommet du Cirque, le Mont Prédestiné [2]. Pour ça, Laïra joua un morceau de balai laïka qu’Ulû semblait apprécier étant plus petit. La créature mordit à l’appeau et alors qu’elle s’apprêtait à se poser pour écouter la douce mélodie, Falubert sortit de derrière un buisson et se rua sur la bête pour lui trancher une patte. Ulû déstabilisé s’affala de tout son long sur le sol et roula sur lui-même jusqu’à un précipice vertigineux. Le dragon tomba dans le lac en contrebas et se noya car par chance pour les deux amants, il ne savait pas nager.

En ce qui concerne la jambe de la créature, elle trône encore au sommet du Mont Prédestiné qui aujourd’hui est plus connu sous le nom de Mont de la Patte d’Ulû.

 

Voilà donc l’histoire telle que nous la raconta le gnome du Cirque de la Bauge d’Ulû. Une légende qui marque encore énormément les esprits aujourd’hui dans la région puisque les habitants ne pêchent plus dans le lac de peur de remonter les restes d’Ulû et les bergers ont dû se reconvertir en mineurs car plus aucune brebis ne peut résister aux pulsions suicidaires suscitées par l’ancienne présence d’un dragon dans les parages.

 

[Statuette du Souvenir d’Ulû, albâtre véritable]

 

***

 

 

[1] Un jeu très en vogue dans les tribus nomades de l’est consistant à occuper les longues soirées d’hiver. La règle en est très simple, il suffit d’ingurgiter le plus possible d’alcool de patate et à épeler le mot Zubsmirtoff à l’envers et sans se tromper après chaque lampée.

[2] Tout le monde à l’époque se demandait bien à quoi pouvait être prédestiné ce mont. Aujourd’hui on sait.

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Published by Lud - dans Légendes
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commentaires

Jim 27/01/2009 12:32

J'espère qu'Ulû, au fur et à mesure ne s'est pas transformé en monstre marin...

Lud 27/01/2009 18:17



Eh ! Pourquoi pas une suite ?



Emma 26/01/2009 20:06

cool !!!!

Lud 26/01/2009 23:51



Raoul ?



Emma 26/01/2009 19:50

Non pas du tout fade ! c'est meme vraiment sympa comme histoire mais comme tu dis, il faudrait peut etre pousser un peu plus l'intrigue... Bref, c'était pas pour casser bien au contraire plus pr chercher l'amélioration... Biz

Lud 26/01/2009 19:58



En même temps cette histoire est dans la catégorie "Légendes".
Les récits plus fouillés seront des histoires à suivre.



Emma 25/01/2009 23:17

Dommage que tu n'ais pas dessiné les belles griffes du dragon... Pour l'histoire elle est bien ! Mais, je m'attendais à une morale, ou a une chute qui n'est pas venu ! Je sais pas comment l'expliquer mais je m'attendais à ce que la cupidité des 2 freres serve de leçon aux autres ou que le dragon punisse seulement les cupides qui s'attaque à lui... enfin je sais pas comment l'expliquer mais cette histoire me laisse sur ma faim... Je te donne seulement mon avis puisque tu l'as demandé mais l'histoire en elle meme est bien écrite et ton imagination déborde ! ya juste une impression de manque... bisous

Lud 26/01/2009 19:44



Merci pour se commentaire encourageant et qui pointe aussi sur les défauts de l'histoire. Le but étant de m'améliorer, j'essaierai la prochaine fois de fouiller un
peu plus l'intrigue...
Le tout est de toutes façons un peu fade, je le reconnais



Koulou 20/01/2009 18:24

Eh bien fais nous tes non-résolutions ça sera encore plus drôle ! J'ai pas décidé de... ou bien j'ai décidé de ne pas ...  hé hé..

Lud 20/01/2009 18:29



Le plus dur c'est d'inscrire ce tag dans une catégorie de la Boule d'Awhan.
Mais une idée germe doucement...