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Monblôg


Monblôg aime qu'on lui flatte les flancs mais aussi qu'on lui corrige l'orthographe, qu'on lui fasse des compliments, des gouzis-gouzas ou qu'on lui offre des dessins.
Attention : ça reste une bête sauvage !
Dessin de SAD.

Inspired by...






La Boule d’Awhan, vous connaissez ?

Non, ce n’est ni du vin ni du fromage…

 

C’est un monde qui s’étiole mais qui demeurera éternel grâce à la plume d’un chroniqueur farfelu, Lug-Uleth Darkhaz (dit Lud) protégé dans ses pérégrinations par Monblôg le gardien du grimoire. Un univers que je vous laisse découvrir à votre guise.

 

Bonne lecture !

 

28 février 2009 6 28 /02 /février /2009 03:43

Chapitre II :

 

Les grands pontes du village s’étaient attablés autour du boucher qui venait d’accepter de bouter le démon de Kermelen hors de la crypte du temple. La bière coulait à flots et Tobo négociait le bout de gras. Il était parvenu à un accord des plus intéressant incluant une boutique sur la place principale du village et devenait également l’unique fournisseur en viande de l’auberge Au pieu d’Alucard. Tout cela, à condition bien sûr qu’il réussisse dans sa tâche peu enthousiasmante.

Les conditions ayant donc été acceptées par le conseil du village et le peut-être futur héros de Kermelen, la discussion se recadra sur le véritable problème.

« Bon, maintenant que nous sommes d’accord sur la récompense, j’aimerais en savoir un peu plus sur ce démon. Est-ce la première fois que vous avez à faire à un tel maléfice ?

Les différents personnages attablés échangèrent des regards un peu perdus et apeurés. C’est le tavernier lui-même qui répondit tout en resservant une énième tournée.

« Bah en fait ouais. Jusque là on n'avait pas été trop emmerdés avec des histoires de sorcellerie. On sait pas de quoi ça peut venir, on fait tout bien comme il faut pour pas fâcher les dieux ou les oiseaux de passage un peu louches. C’est bizarre.

- En même temps les esprits c’est toujours un peu susceptible, coupa Léonaire.

- Mais vous n’avez donc pas de milice pour s’occuper de ce genre d’affaire ?

C’est un homme frêle et visiblement déjà éméché qui voulut répondre :

- Ils se sont fait…

- Enrôlés par l’seigneur Melwech qui a besoin d’hommes pour repousser les Norhömiens à l’est, intervint de nouveau Léonaire qui visiblement voulait être au centre de la discussion.

Un malaise s’installa de nouveau et le silence ne fut perturbé que par quelques gouttes d’eau qui commençaient un récital en frappant le toit de la bâtisse. C’est alors qu’une remarque très utile pour ceux qui auraient des problèmes d’ouïe fusa au sein de l’assemblée :

- V’là qui va s’mettre à tomber des cordes, on dirait…

- Mouais…

- Quelqu’un l’a vu au moins ce démon ? Renchérit Tobo avec une certaine appréhension.

- Bah en fait non, répondit le tavernier qui semblait toujours vouloir commencer ses réponses par « bah en fait ». Rien que de l’entendre il nous fout les miquettes pour vous dire. Alors oser descendre dans la crypte pour voir ce qu’il en est, vous n’y pensez pas !

- En même temps, si ! J’y pense, c’est pour ça d’ailleurs que vous allez me payer grassement.

- Même qu’il s’rait p’t’être temps pour vous d’y aller mon brave, on a assez taillé la bavette, fit remarquer le doyen du village.

- Ouais, minute ! Faut que je me prépare. Mais sachez que la prochaine bavette que je taillerai sera dans l’cul d’une de vos vaches ! [1] »

Sur cette remarque, le boucher leva sa choppe jusqu’à ses lèvres purpurines et la descendit d’un trait. Après quoi il se leva et se dirigea vers la porte de l’auberge. Le conseil du village se leva alors également avec empressement pour suivre le sauveur.

Dehors les rues étaient désertes. Les villageoises et leurs enfants attendaient sagement dans les chaumières que la besogne soit faite. Les villageois, eux, entouraient la roulotte de Tobo s’équipant avec méthode.

Il passa d’abord une cotte de maille puis un tablier en cuir épais et coinça dans sa ceinture un grand nombre de couteaux de différentes tailles, un fendeur d’os, des crocs et une petite pierre à aiguiser. Lorsqu’il sortit de sa carriole accoutré tel un boucher chevalin s’apprêtant à affronter une vache folle, il impressionna grandement la populace.

« Allons faire la fête à ce monstre qui vous importune ! »

Tobo avait pris son temps pour trouver la bonne formule tout en s’équipant et il était ravi que personne ne trouve rien à redire à la tournure magnifique de cette phrase héroïque.

 

[La feuille de Tobo – Relique conservée dans le temple de Kermelen]

 

Le commerçant traversa la place du village laissant dans son sillage les Kermeleniens. Il monta les quelques marches qui menaient à la porte du temple et fut opposé à un premier problème. En effet, la grande entrée était barricadée et il fallait déjà commencer par enlever tout un tas de planches clouées pour pouvoir pénétrer dans le lieu de culte. Les villageois ne bougèrent pas le moindre petit doigt laissant le boucher se débrouiller seul.

« Grmmmpfff… Et d’une ! Hummpff ! Et de deux ! »

Après un long moment passé à défaire ce que les mains des Kermeleniens avaient fait, Tobo arracha enfin le dernier obstacle à l’ouverture de la porte et la poussa. Un grincement strident et le bruit du bas de la porte frottant sur le granit [2] laissaient penser que ce village aurait bien eu besoin des services d’un menuisier.

Le héros avança un pied dans la pénombre puis deux. Derrière lui, la pluie redoubla, faisant se disperser la petite foule. Tobo s’arma de son plus gros schlass et commença son exploration pour trouver l’entrée de la crypte [3]. La grande salle du temple parut s’obscurcir au fur et à mesure qu’il avançait puis dans un bruit de claquement de porte, l’homme se retrouva dans une obscurité quasi-totale. Seuls quelques cierges lui donnaient un peu de visibilité.

Alors qu’il commençait à rebrousser chemin, il entendit un bruit de clé que l’on tourne dans une serrure puis la voix du vieil édenté, Léonaire Groubold.

« Faut nous excuser mon gars ! On peut pas s’permett’ d’prendre des risques en laissant sortir l’démon. T’auras qu’à gueuler quand tu voudras qu’on t’fasse sortir ! Mais pas sans la tête d’la créature hein ! »

Bien qu’agacé par la situation, le boucher jugea plus honorable de ne rien répondre et se lança à la poursuite de son ennemi sans plus attendre.

 

Suite

 

[1] On voit bien là les limites de la formation de boucher de Tobo. Tout le monde sait que la bavette se taille dans les flancs de l’animal.

[2] Le granit est une roche très utilisée en Breizhie. La légende veut que les Nains aient réussi à en extraire de l’alcool. Fait assez remarquable pour qu’il en soit fait mention dans cette histoire.

[3] Plus tard Tobo avoua avoir regretté un bref instant ne pas avoir demandé un plan des lieux.

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commentaires

Emma 10/03/2009 03:53

Vraiment très sympa !!!! très bien écrit, avec humour, et tu mets bien en place le décor, du coup on est à fond dedans ! Dommage qu'on devine vite la chute sinon ça aurait pu donner qq frissons en pensant à ce démon...

Lud 10/03/2009 17:09



Oui, c'est vrai que tout le monde a grillé mon sanglier avant qu'il ne pointe le bout de son groin...



Malek Hamadou 09/03/2009 18:24

Pal mal le coup de la porte refermé par les villageois; ça fait un petit mélange d'humour et de suspens sur la fin de l'article qui donne bien envie de lire la suite. C'était bien vu de finir là dessus . Je reviendrai chez ma belle mère pour lire la suite.

Lud 10/03/2009 00:30



Ah bah c'est cool ! J'attends de te revoir avec impatience.
Je croyais bien avoir perdu un fidèle lecteur.



zordar 04/03/2009 12:38

Quelle bande de lâches !

Lud 04/03/2009 21:30



Tout le monde n'a pas le courage de Zordar...



Alice 03/03/2009 14:47

Aahhh, c'est de là que ça vient le "granité" côté ortho :"j’aimerais en savoir un peu plus" (cette fois-ci je suis presque sûre, c'est pas du futur)"on n'avait pas été trop emmerdés" (pour les phrases d'après, je le laisserais en considérant que c'est du patois ...rmq du coup peut-être celle-là aussi, à toi de voir)"les quelques marches qui menaient""les Nains aient réussi" (j'ai pas de bécherel mais je crois)

Lud 04/03/2009 02:56



Dans les dialogues, les villageois bouffent les mots mais ça n'empêche que l'orthographe doit être bon.


Merci pour cette correction, il y avait un paquet d'erreurs...



Sombrelün 03/03/2009 12:06

Je doute de l'utilité de la pierre à aiguisé... Je vois mal Tobo dire: "Pouce! 'faut que je réaffute mes couteaux! T'as la couenne sacrément dure, mon gars!"Mais ça pourrait être bien marrant aussi!

Lud 03/03/2009 13:10



Rien que pour t'embêter il y aura un chapitre complet sur la pierre à aiguiser