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Monblôg


Monblôg aime qu'on lui flatte les flancs mais aussi qu'on lui corrige l'orthographe, qu'on lui fasse des compliments, des gouzis-gouzas ou qu'on lui offre des dessins.
Attention : ça reste une bête sauvage !
Dessin de SAD.

Inspired by...






La Boule d’Awhan, vous connaissez ?

Non, ce n’est ni du vin ni du fromage…

 

C’est un monde qui s’étiole mais qui demeurera éternel grâce à la plume d’un chroniqueur farfelu, Lug-Uleth Darkhaz (dit Lud) protégé dans ses pérégrinations par Monblôg le gardien du grimoire. Un univers que je vous laisse découvrir à votre guise.

 

Bonne lecture !

 

1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 20:52

 

Chapitre précédent

 

 

III – Tyrup Sail contre Brisy Braiqufloth

 

Les flots de nuit sont inquiétants.

 

Nous voguions sur la mer après avoir rempli les cales du Corsairfly de Norhomiens souhaitant quitter Kroustibate et le joug de Thibault le Taré, seigneur éphémère s’il en fut mais pas moins inquiétant que le despote le plus arbitraire. Notre objectif était je crois de débarquer notre cargaison [1] de l’autre côté du Chenal. Pour l’occasion, l’un des hommes du Capitaine Tyrup Sail m’avait prêté une panoplie complète de pirate. J’étais donc affublé d’une tunique bleue et orangée et d’une rapière dont je ne maîtrisais absolument pas le maniement. Cet accoutrement me permettait de ne pas ramer comme un forçat avec les autres voyageurs occasionnels du bateau. C’était donc un privilège certain.

 

Par temps clair et avec des yeux d’Elfe, il est possible à ce qu’il paraît, depuis la côte Norhomienne de voir l’Ile Rosbif. De nuit, c’est déjà plus délicat ; surtout quand vous avez fait une tournée des tavernes en règle avant le départ et que le mal de mer vient vous secouer les tripes.

J’étais à la proue du navire et je devais prévenir les pirates lorsque la terre ferme serait à portée de vue. Ma mission était simple et je ne voulais pas décevoir, j’étais donc aux aguets de la moindre lumière de phare ou du moindre chant. En effet, la côte Rosbifienne est truffée de tourelles censées guider les navires, soit par un feu, soit par des chants de gardien de phare. On les nomme les bardes de Rosbif et ils forment une confrérie solidaire, une classe sociale enviable, ce sont des fonctionnaires au service du roi.

 

Ce qui attira mon attention fut une petite lumière à quelque distance de notre bateau. N’ayant pas l’expérience de ce genre de situation, je ne compris pas tout de suite que nous étions encore trop loin des côtes et m’enflammais.

 

« Terre en vue ! »

 

Mon annonce enthousiasma les villageois qui se mirent à redoubler d’efforts mais amena un vent de panique parmi l’équipage officiel du Corsairfly. Tyrup Sail et son premier sous-fifre arrivèrent prestement à mes côtés avec une longue vue. Le Capitaine plaça le cône de métal devant son œil droit et ferma l’œil gauche, ce qui lui ridait le visage et semblait le vieillir d’un coup de plusieurs décennies. Intérieurement je l’enviais de pouvoir utiliser un tel équipement de pointe.

 

« Rahh zut ! Faudrait vraiment que quelqu’un invente la visée nocturne. Je me demande si on ne pourrait pas faire enchanter une longue vue dans le prochain port.

- C’est vrai que ça serait pratique capitaine, ça nous éviterait bien des problèmes. En plus avec le blé que les autres pécores viennent de nous laisser pour qu’on les transbahute, on a de quoi se payer un tel enchantement.

- Vigie ! Que voyez vous ? » Hurla le capitaine à l’un de ses hommes en haut du plus grand des trois mâts avant de se tourner vers moi. « Ce n’est certainement pas la terre ferme mon p’tit gars. Croisons les doigts pour que ça ne soit qu’un navire marchand. »

 

Alors que je n’écoutais le capitaine que d’une oreille distraite en attendant que le pirate de la vigie fasse son rapport, une question vint me tarauder l’esprit. A quoi pouvait bien servir les trois mâts du Corsairfly sachant que des hommes, dans la cale du navire ramaient tels des esclaves du temps jadis [2]. Préférant ne pas passer par-dessus bord avant d’être à moins d’un mille des côtes, je n’exprimais pas mon opinion sur ce sort injuste. De toutes façons, le pirate haut perché m’aurait interrompu dans mon discours.

 

« C’est la gogo, c’est la gogo… la goélette de Bwisy Bwaiqufloth !

- Nom d’une sirène à cornes ! Brisy Braiqufloth !  Jura Tyrup Sail en pleine panique.

- Non, je crois qu’il a dit Bwisy Bwaiqufloth, ce n’est peut-être pas la même, si ?

- C’est son accent, il vient du Dubâ, m’annonça le capitaine avec autant de mépris dans la voix que dans le regard. Allez ! Branle-bas de combat les amis ! Tous à vos pooossstes !

- Elle est si dangereuse que ça ? Demandai-je avec quelques trémolos dans la voix.

- C’est l’une des pires, me renseigna le sous-fifre du capitaine. »

 

En moins de temps qu’il n’en aurait fallu à l’équipage de Tyrup Sail pour se préparer à vider une cave de ses tonneaux, le navire ennemi était sur nous. Bien mieux équipés, les hommes de Brisy Braiqufloth nous accostèrent et investirent le bateau. Le Dubaïen en vigie fut contraint de descendre sous la menace d’une hache qui commençait à mordre dans son perchoir. Nous fûmes tous rassemblés au centre du navire puis Brisy à son tour vint fouler les lattes en bois du Corsairfly.

 

« Voyez-vous ça ! Le capitaine Tyrup Sail en avait assez de la contrebande de rhum. Mais il est vrai que le trafic d’êtres humains rapporte bien plus…

- Roh ça va, tout de suite les grands mots ! Faut arrêter quoi…

- Il me semble que vous n’êtes pas en mesure de pinailler mon cher ! Ne m’interrompez plus. »

 

Cette flibustière avait visiblement beaucoup de classe. Tyrup ne l’interrompit plus et il décida même de se plier aux règles imposées par Brisy Braiqufloth, lointaine descendante de Philomène Braiqufloth, la première à explorer l’Archipel des Corayas.

 

« Bon. Par les pouvoirs qui me sont conférés par le roi et les seigneurs de l’Ile Rosbif, je réclame l’intégralité des gains perçus par vous et vos hommes pour faire passer ces immigrants clandestins.

- Mouais… Et si on les jetait à la baille, on peut peut-être s’arranger ?

- Non, il n’y a pas de négociations possibles. Vous me donnez l’or, l’argent et les éventuels paiements en nature et nous vous laissons passer. C’est la taxe demandée par le Seigneur de l’île Rosbif !

- Et vous croyez vraiment qu’après vous avoir donné notre pognon on va emmener tous ces pouilleux sur votre Ile ? Mais on va les donner aux krakens oui !

- Dans ce cas vous serez poursuivis par la couronne de l’Ile Rosbif pour crime contre…

- Ouais, ouais, j’ai compris. C’est pas négociable. Bon, matelots, servez la douce et tendre Brisy Braiqufloth, on dirait qu’on n’a pas le choix.

- Voilà c’est très bien. » Ajouta Brisy avec un petit sourire de satisfaction qui la faisait ressembler à un vautour.

 

Il s’en suivit un bien étrange ballet ou les pirates du Corsairfly, mines pathibulaires, certainement plus habitués à piller d’autres rafiots vidaient pour une fois leur propre bateau.

 

« Voilà tout y est !

- Oh vous êtes trop bon mon cher Tyrup. Avant de partir, je dois aussi vous signaler que l’un de vos hommes doit nous accompagner. Il vous sera restitué une fois que vous aurez mené à bon port votre « cargaison ». Dans le cas contraire, nous l’exécuterons.

- Hein ?

- Eh oui, ça aussi c’est la taxe.

- Tenez bah prenez celui-là, il sert à rien » dit le capitaine Tyrup Sail en me poussant dans le dos de sa main ferme. Deux pirates de la goélette de Brisy vinrent se saisir de moi avant que je n’ai pu comprendre la trahison, la fourberie, l’ignominie du capitaine du Corsairfly.

 

C’est ainsi que je me suis retrouvé enchaîné dans la cale d’un autre bateau pour terminer la traversée du Chenal. Je maudissais le pirate qui m’avait refilé cette tunique bleue et orangée. Il ne me restait plus qu’une seule chose à faire : prier pour mon salut.

 

***

 

[1] Vivante ou pas, peu d’importance, les manants avaient déjà payé la course.

[2] L’esclavage a été aboli sur la Boule. Du moins dans environ un royaume sur cent et encore, si l’on ne considère pas le prolétariat comme de l’esclavage.

 

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commentaires

SAD 15/12/2009 12:15


bah alors, tu as re-disparu???


Lud 15/12/2009 21:00



Non rassure-toi. Je suis juste débordé, le père Noël me fait trimer très dur.



SAD 06/12/2009 19:50


a ses vilains rosbif tous des voleurs!!! même le Roi!!!


Lud 15/12/2009 20:58



Surtout le Roi ! Et pas que celui des Iles Rosbif.



Sombrelün 03/12/2009 16:34


ça! On ne s'invente pas pirate!
Il y a toute une façon de penser qu'il faut acquerir avant de revêtir leurs habits, pour ne pas servir de simple marchandise.


Lud 15/12/2009 20:57



L'habit ne fait ni le moine ni le pirate en somme...



Alice Mazuay 01/12/2009 21:59


C'est connu, faut toujours se méfier de ce qui semble être un bon plan ...

côté ortho :
"on premier sous-fifre"
"ça nous éviterait bien des problèmes"
"Branle-bas de combat"
"me renseigna le sous-fifre du capitaine"
"Faut arrêter quoi"
"après vous avoir donné notre pognon"
"vous serez poursuivis"
"certainement plus habitués à piller"
"avant que je n’ai pu "


Lud 01/12/2009 22:09



Sur la Boule on ne se méfie que de l'Oki d'Or.

Merci pour cette correction. Le trait d'union vient juste d'être inventé sur la Boule, c'est pour ça que je n'ai pas encore le réflexe trait d'union