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Monblôg


Monblôg aime qu'on lui flatte les flancs mais aussi qu'on lui corrige l'orthographe, qu'on lui fasse des compliments, des gouzis-gouzas ou qu'on lui offre des dessins.
Attention : ça reste une bête sauvage !
Dessin de SAD.

Inspired by...






La Boule d’Awhan, vous connaissez ?

Non, ce n’est ni du vin ni du fromage…

 

C’est un monde qui s’étiole mais qui demeurera éternel grâce à la plume d’un chroniqueur farfelu, Lug-Uleth Darkhaz (dit Lud) protégé dans ses pérégrinations par Monblôg le gardien du grimoire. Un univers que je vous laisse découvrir à votre guise.

 

Bonne lecture !

 

7 juin 2009 7 07 /06 /juin /2009 17:50

Savoir se battre est quelque chose d’indispensable sur la Boule. On peut préférer certaines techniques à d’autres, vouloir utiliser des armes lourdes, légères, tranchantes ou contondantes mais tous les maîtres d’armes vous le diront, les poings, les pieds et la tête peuvent amplement suffire pour se débarrasser d’un ennemi… à condition de ne pas avoir l’allonge d’un Nain.

 

Le Cheikh Norris

 

Chez les Zömbrs, il n’y a ni roi, ni seigneur. Les citoyens les plus méritants obtiennent la haute distinction de Cheikh. Ce sont des sages respectés pour toutes les bonnes choses qu’ils ont pu apporter à la civilisation. Il faut bien comprendre qu’à la base, tous les Zömbrs sont égaux et peuvent aspirer à devenir Cheikh.

 

Natif de Ryân dans le nord du Dubâ, Norris est le fils d’un cultivateur de dattes et d’une teinturière. Alors qu’il n’a que douze ans, il est enlevé par des marchands itinérants spécialisés dans le trafic d’êtres humains. Il est emmené loin, dans l’est du Duhô et devient l’esclave d’un aubergiste dans le petit village d’Osan. Outre le fait qu’il soit forcé de faire la plonge tous les jours entre midi et deux et le soir à partir du moment où le dernier client a terminé son assiette, Norris est aussi conditionné pour devenir un grand combattant. En effet, pour le geôlier du jeune Zömbr, le meilleur moyen d’obtenir un retour sur investissement est encore de l’engager dans des combats d’esclaves clandestins. C’est ainsi que Norris apprend le Djetfûsuldo.

 

Il s’agit d’une technique visant à utiliser la force de son adversaire pour la retourner contre lui. Elle est aussi agrémentée de coups d’une violence inouïe visant à causer d’importantes blessures pour immobiliser définitivement un ennemi. Un soldat mafialien dira en l’an 126 : « Le Chtefouchuldo, cha fait achment mal ! ».

 

Après avoir remporté deux tournois pour le compte de son propriétaire, Norris rencontre dans la brousse le fondateur du Djetfûsuldo, Lih qui est également un abolitionniste patenté de l’esclavage. Il libère Norris et le renvoie dans son pays d’origine [1] avec une caravane de marchands.

 

A son retour, Norris est un jeune homme. Ses parents ressemblent à des vieillards, symbole du profond chagrin qu’ils éprouvèrent après la disparition de leur unique fils. Pour lui, c’est difficile de reprendre une vie normale, de se ranger des caravanes comme on dit dans cette région désertique. Il refuse de travailler dans les domaines traditionnels et fonde une école de Djetfûsuldo. C’est un véritable succès. Les jeunes Zömbrs adhèrent tout de suite à ces nouvelles techniques guerrières et sont de plus en plus nombreux.

 

Norris acquiert alors une telle notoriété et amasse un trésor si grand que le titre de Cheikh lui est décerné [2]. Il part alors sur les routes du Dubâ pour y enseigner son art jusque dans les campagnes les plus reculées. Personne ne sait vraiment comment il termina sa vie mais il marqua les esprits et son peuple à tout jamais.

 

[Le Cheikh Norris, portrait avec la coiffe traditionnelle – Coll. Privée]

 

Au IIème siècle, lorsque Octopus IV attaque les Zömbrs, ses hommes subissent de lourdes et sauvages défaites. C’est la technique du Cheikh Norris qui a permis au peuple Dubaïen de repousser les envahisseurs et d’être l’un des rares peuples de la Boule à avoir résisté à l’envahisseur [3].

 

***

 

[1] On raconte que Lih, dit le Petit Dragon, considérait le Djetfûsuldo comme une technique ne devant être connue que des hommes de l’est. C’est peut-être pour cette raison qu’il renvoya un grand nombre d’esclaves dans leurs pays d’origine. Ce qui n’enlève toutefois rien quant à la grandeur de son geste.

[2] L’argent ne fait pas le bonheur mais il permet d’obtenir des titres honorifiques c’est comme ça...

[3] Une vieille légende veut qu’un village de Breizhie ait aussi résisté grâce à une potion magix.

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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 03:05

Il y a une quinzaine d’années alors que j’arpentais les sentiers et tavernes de la Breizhie, il m’a été donné l’occasion d’écouter un groupe de bardes qui faisait alors un tabac à travers toute la Boule. C’était lors du dix-septième festival des Socs Rouillés.

 

Les Scrabouilles Citrouilles

 

Les Scrabouilles Citrouilles sont un groupe de bardes musiciens orientés vers le chant psychédélico-magique à forte tendance hérético-hystérique. Ils sont réputés pour leurs cantiques qui donnent autant à voir qu’à écouter. Chose qui lors d’un concert est particulièrement appréciable et met la foule dans une transe incroyable dite de la pogotite aiguë. Il est vrai aussi que l’ingestion de diverses substances plus ou moins illicites avant et pendant le spectacle permet aussi de se mettre pleinement dans l’ambiance.

 

Le groupe est emmené par le fameux Bili Korrigan, un Gnome aux allures androgynes du fait qu’il soit imberbe et d’une pâleur immaculée. Il se fait remarquer par sa petite voix nasillarde et certains hurlements dont on dit qu’ils seraient capables de réveiller les morts, un sort qui n’est pourtant généralement pas dans les cordes (vocales) d’un barde mais plutôt dans celles d’un nécromancien.

Les autres membres sont un peu dans l’ombre et leurs noms m’ont échappé mais ils ne sont pas pour autant mauvais. Au contraire, la vieliste du groupe est même plutôt bonne dans son domaine et on se surprend à vouloir se métamorphoser en instrument de musique lorsqu’on la voit.

 

Durant le concert auquel j’ai pu assister, les Scrabouilles Citrouilles ont atteint un tel niveau d’osmose avec la foule en délire que le concert s’est achevé dans une cacophonie quasi-complète. Ce phénomène très rare est aussi très dangereux et nombreux sont les bardes à vouloir atteindre un tel degré de perfection sans y parvenir. Bref, les choppes de bière se sont brisées sous l’action du son, les tympans de quelques elfes dans la forêt toute proche [1] durent exploser et Décib [2] elle-même nous gratifia d’une bénédiction divine qui dura trois jours, soit le temps du festival.

 

Notons que le groupe de Bili Korrigan a été poursuivi par les Prêtres Traditionalistes pour un chant à la gloire d’Awhan [3] jugé trop provocant mais dans la mesure où la déesse des sons elle-même semblait plébisciter ces bardes, l’affaire fût classée sans suite par le Tribunal des Affaires Religieuses.

Bili Korrigan est aussi suspecté d’être l’un des chefs des GAEC (Gnomes Autonomes Et Chauves), organisation Ayeurlandaise ayant des rapports apparemment très étroits avec la Confrérie des Chauves.

 

***

 

[1] Est-il encore nécessaire de préciser que les elfes ne sortent que très rarement de leur forêt et certainement pas pour écouter de la bonne musique.

[2] La déesse des Sons (aussi bien la céréale que l’onde produite par une vibration mécanique et qui fait du bruit).

[3] Les membres du groupe hurlaient pendant le refrain : « Awhan est le Dieu Unique !».

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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 02:35

Sur la Boule, c’est souvent trop cher de bien manger et les mets exquis sont généralement réservés à une certaine élite. Les pécores quant à eux mangent à la cantine ou sur le pouce. C’est pourquoi le métier de cuistot est lucratif pour peu que vous ayez une once de talent pour marier les saveurs.

 

Cyral Lignic

 

C’est au début du XIIème siècle que naquît Cyral Lignic dans le petit village d’Aunay-le-Donjon, dans l’Auvèrnhe du Sud. Il s’agit d’une région minière et le petit Cyral, huitième fils d’une modeste famille est promis à devenir mineur comme son père et ses sept frères. Seulement voilà, le garçon a un caractère bien trempé et ne compte pas attendre le premier coup de grisou qui l’ensevelira dans les profondeurs de la mine même s’il y travailla pendant cinq longues années.

 

C’est à la cantine de la cité minière qu’il trouva sa vocation. A cette époque, Gilles Grabouc était le tambouilleur [1] en chef chargé de la restauration des mineurs. Sa spécialité, la fricassée d’agaric en bave sur un quignon de pain bleui de moisissure. Un chef d’œuvre pour les yeux, une torture pour l’estomac. Pour Cyral, aucun doute, il voulait devenir lui aussi tambouilleur pour ne plus être obligé de grailler les immondes mixtures de la cantine.

 

Par chance, le seigneur d’Aunay l’donj’ [2] organisa un concours gastronomique ouvert à tous. La récompense était énorme car le vainqueur deviendrait le nouveau marmiton du château. Ce qui constituait une sacrée promotion sociale, il faut bien le dire.

Cyral s’inscrivit bien qu’il n’eut que neuf ans, sans en avertir ses parents. Il était le plus jeune concurrent et ses chances paraissaient limitées car il n’avait jamais pris de cours de cuisine. Qu’à cela ne tienne, l’improvisation allait devenir son maître mot et faire sa renommée à travers toute la Boule.

 

Par souci d’équité, tous les prétendants à la place de cuisinier du château avaient le même panier garni, fourni par les organisateurs du concours. La consigne qui leur fut donnée était de faire un repas complet, exquis et original à partir de ce qu’ils avaient. Toute une journée, du lever du soleil à son coucher, Cyral et la centaine d’autres braves bougres s’affairèrent à la préparation d’un repas. Ils y mettaient autant de passion que les esclaves d’Umak Donald [3].

Quand arriva le soir, le seigneur d’Aunay et son épouse s’installèrent à table et les plats leurs furent apportés. Le menu de Cyral rencontra un franc succès et c’est lui qui fût choisi. A partir de là, il commença une carrière de tambouilleur qui l’amena à œuvrer dans les plus grandes auberges, à garnir les plus belles écuelles des plus grandes tables de la Boule.

 

Malheureusement, Cyral Lignic était un illettré et il n’a jamais publié le moindre livre de recettes. Nous n’avons donc aujourd’hui aucune idée de son réel talent. Les seuls éléments dont nous disposons viennent d’articles de la revue culinaire « Les bonnes tables de la Boule » dans laquelle les auteurs parlent d’un chef créatif et inspiré mais assez irrégulier dans la qualité de ses oeuvres.

Une enquête de Jan Caillasskof dévoile aussi que Cyral Lignic aurait triché par divers procédé lors du concours mais comme le dit le proverbe : « A trop remuer la crème on finit toujours par la faire tourner ». Il n’y a pas forcément de rapport avec l’histoire mais au moins maintenant vous connaissez un proverbe awhanien.

 

***

 

[1] ça parle comme ça chez les pouilleux.

[2] ça parle comme ça chez les gens hype.

[3] ça se passe comme ça chez Umak Donald. Légendaire seigneur, grand mangeur qui avait à son service des centaines de cuisiniers, serveurs et autres sommeliers spécialisés dans les vins pétillants sans alcool.

 

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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 01:13

J’aime les bardes pour le plaisir qu’ils me procurent et je suis un grand admirateur de leur talent. Toutefois, si certains virtuoses sont souvent comparés à des magiciens lorsqu’ils parviennent à lancer l’incantation de cacophonie, il en est d’autre qui feraient mieux de boire quelques gouttes d’acide pour se brûler les cordes vocales.

 

Kenthin Moisimann

 

C’est dans la province de Coryphée, il y a une dizaine d’années que naquit un projet dantesque, réhabiliter la Tour de Dame Marie des Lys, une sorcière brûlée vive en 1243. Depuis cet acte de salut public, la bâtisse avait été laissée à l’abandon par superstition mais surtout parce qu’elle se trouvait trop éloignée de la civilisation, le premier village se trouvant à quatre jours de marche.

Cet éloignement allait toutefois être la clé de la renaissance de la demeure. En effet, Nih Quossaliagace, un Précepteur de Décib décida d’y établir son école et après quelques formalités administratives, il devint l’heureux acquéreur de la Tour. Pour notre plus grand malheur à tous… En effet, depuis dix ans maintenant, des jeunes gens de tous horizons sortent de l’Académie des Bardes de Nih, envahissent nos tavernes, battent la campagne comme les troubadours d’antan et nous cassent les oreilles.

 

[Le Confessionnal de l’Académie des Bardes]

 

C’est à la grande foire de la Quiche aux Quetsches que j’ai pu entendre l’étendue du talent de l’un des acolytes de Nih. Il était drôlement vêtu et portait deux chaussures de couleurs différentes (si l’on considère le blanc et le noir comme des couleurs bien entendu). Ce qui m’intriguait le plus c’était cet amoncellement de godiches devant la scène qui hurlaient ce qui devait être le nom de l’Asthar [1]. Kenthin… Kenthin Moisimann.

Bien décidé à ne pas me laisser influencer par l’avis des médias tels que La Boule Libre ou Le Tröll Déchaîné qui fustigent sans relâche les prestations des diplômés de la Bar’Ac’ [2], je restai pour me faire mon propre avis. Ce à quoi j’assistai alors dépassait l’entendement.

 

Si aujourd’hui je consacre un article à ce garçon dans mes chroniques, c’est parce qu’il est à ce jour le seul de ma connaissance à être capable du prodige que je vais vous décrire.

Il faisait chaud, c’était une belle journée d’été et la fête battait son plein. Cela n’a pas duré. Dès les premières notes déclamées par la voix du jeune chantre, le ciel s’obscurcit au dessus de nos têtes. La grisaille ne tarda d’ailleurs pas à s’étendre jusqu’à ce que nous ne vissions plus un coin d’azur. Certes j’avais déjà vu de mauvais bardes arriver à faire pleuvoir mais là ce fût bien pire.

Kenthin Moisimann ne semblait guère se soucier de ce qui se tramait. Il ne semblait guère se soucier non plus de son public qui commençait à déserter la place pour trouver un abri. Il poursuivait sans relâche son récital. Pour ma part je m’étais réfugié sous la tente d’un vendeur de quetsches et attendais de voir le chanteur prendre sa douche en mangeant quelques couilles d’Awhan, l’autre nom de ce fruit délicieux et charnu qu’est la quetsche. Il faut aussi préciser que les nunuches étaient les seules à être restées devant la scène et quand il se mettrait à pleuvoir un autre spectacle plus lubrique commencerait alors.

Mais voilà, quand le tonnerre gronda et que l’éclair jaillit, ce n’est pas de l’eau qui tomba du ciel mais de la merde, oui, de bonnes grosses bouses bien compactes. Cela provoqua une panique générale dans le village et des hurlements hystériques accompagnaient une odeur âcre qui me donnait envie de vomir. Heureusement pour notre salut, un mage se trouvait dans les parages et il lança un sort de mutisme qui eut le mérite de tout stopper, aussi bien le déluge que l’odieux cantique.

Kenthin Moisimann fut alors prié de remballer sa harpe et de déguerpir avant qu’on ne se décide à lui couper la langue pour nourrir les cochons du père Kutt. Malgré cela, la fête était bel et bien terminée car les rues du village étaient souillées d’immondices.

 

Depuis lors, Kenthin Moisimann n’est plus considéré comme un barde mais comme un véritable et redoutable sorcier, inventeur et jusqu’à preuve du contraire seul détenteur du sort de cacaphonie.

 

***

 

[1] C’est comme ça que l’on nomme les guignols qui sortent de l’Académie de Nih. Aussitôt sortis de la Tour de Dame Marie des Lys ils sont des Asthars. Encore une lubie de cette soi-disant école…

[2] Abréviation de Barde Académie. Je précise dès fois que vous ayez passé l’âge de parler le Ecemèhs.

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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 11:52

S’il est une druidesse sortie de l’Académie des Druides de Varghal dont il faut parler, c’est bien de Melithä Metisdibita car comme vous allez le voir, sa découverte a quelque peu changé la face de la Boule d’Awhan.

 

[Tour Est de l'Académie des Druides de Varghal]

Melithä Metisdibita

Ou l’invention du Philtre Analeptique

 

Melithä Metisdibita est une druidesse qui aurait étudié à l’Académie des Druides de Varghal de 468 à 472. Quatre longues années durant lesquelles elle s’est efforcée de créer une potion capable d’éliminer chez qui l’ingurgiterait, toute sensation de fatigue.

 

Les faits qui la poussèrent à faire de telles recherches sont aujourd’hui connus de tous. En effet depuis la découverte de son journal intime sous les lattes du parquet de son ancienne alcôve en 1236, l’invention du Philtre Analeptique n’est plus un mystère pour personne.

Ainsi, il s’avère que cette étudiante n’arrivait pas à suivre le rythme des autres étudiants de sa promotion et éprouvait beaucoup de frustration à ne pas pouvoir s’amuser autant que ses petits camarades la nuit. Elle ne voulait pas rater ses études et il lui avait fallu faire un choix, celui de privilégier les cours matinaux aux soirées interminables mais terriblement amusantes de l’Association des Etudiants en Druidisme, l’AED.

Certes, elle aurait pu faire la sieste pendant les travaux pratiques de l’après-midi et ainsi récupérer de ces folles soirées nocturnes, mais non, Melithä était trop consciencieuse pour cela. Et puis, elle avait une autre idée en tête.

 

Melithä avait grandi sur Dubâ [1] dans un petit village où l’on extrayait du sel de terre. Issue d’une famille modeste, elle voyait son père se ruiner la santé en descendant chaque jour dans la mine. L’homme, pour se donner des forces mâchouillait sans cesse de petites graines verdâtres qui lui tâchaient les dents… Enfin, le peu de dents qu’il lui restait.

La jeune étudiante en était persuadée, si elle parvenait à trouver les petites graines de ses souvenirs, elle n’aurait plus de soucis à se faire quant à une éventuelle panne d’oreiller après une soirée s’achevant au petit matin. C’est pour cette raison qu’elle s’était inscrite au cours de botanique et que chaque après midi pendant les deux premières années de son cursus, elle arpentait la campagne environnante à la recherche de ce que son père appelait le kawa.

 

C’est à la fin du printemps de l’an 470 qu’elle découvrit un arbuste de la famille des rubiacées arborant de jolies petites boules vertes. Elle en cueillit quelques unes qu’elle ramena à l’Académie pour faire une petite vérification dans les grimoires de botanique. Il s’agissait bien d’un kawatier, elle avait atteint son but.

Après cela, elle s’efforça de mettre au point une manière efficace de transformer les graines en potion. Elle avait déjà essayé de les mâcher comme son père jadis et avait pu en constater l’effet sur son organisme mais les graines de kawa mettaient trop de temps à faire leur devoir. Sans parler du problème d’esthétisme : des dents tâchées, c’est bon pour les chevaliers pouilleux ou les sorcières vérolées.

Elle essaya diverses méthodes comme la distillation, la fermentation ou tout simplement en réduisant les graines en poussière et en l’inspirant par le nez mais les effets n’étaient pas meilleurs. Il ne lui restait plus qu’une seule chose à essayer et ce fût la bonne méthode, faire griller les graines au dessus des braises. Elle obtint alors de petites billes d’un noir profond qui dégageaient tout leur pouvoir à travers un parfum envoûtant.

 

Dans les six derniers mois de sa scolarité, Melithä se désintéressa totalement des cours. Elle savait qu’elle tenait là une merveilleuse invention et s’apprêtait non plus à devenir druidesse mais à lancer un nouveau produit dans les boutiques de la Boule d’Awhan.

Elle s’attacha donc à peaufiner le conditionnement de sa découverte et comprit dès lors que si elle voulait faire des affaires, il lui fallait proposer autre chose qu’une graine grillée. Elle fit donc un dernier essai en broyant le kawa noir jusqu’à obtenir une poudre. Elle le jeta dans l’une de ses chaussettes et ajouta de l’eau bouillante. Elle récupéra le jus dans une tasse et ce fût une révélation [2]. Elle tenait sa recette.

 

Elle quitta l’Académie des Druides de Varghal sans prévenir pour ne pas éveiller les soupçons et alla faire enregistrer son invention au Bureau des Découvertes le plus proche. Elle donna le nom de Philtre Analeptique de Melithä à sa mixture qui dès lors fût vendue partout sur la Boule d’Awhan.

Melithä mourut en 517 sans héritiers mais pleine aux as. Ses deniers et le brevet de la découverte furent donc légués à l’Académie des Druides de Varghal qui firent fructifier le butin en créant notamment les Kawachopes [3] toujours appréciés des aventuriers fatigués.

 

***

 

[1] Le continent du sud, territoire des Zömbrs.

[2] Cette méthode est utilisée par tous les consommateurs de kawa. Cependant, si l’effet reste le même, le goût est toujours différent suivant l’état de vos chaussettes.

[3] Des petites échoppes situées aussi bien dans les agglomérations que sur les routes réputées dangereuses. Les Kawachopes ne peuvent vendre que des Philtres Analeptiques ou des produits dérivés de la graine de kawa pour éviter de concurrencer les tavernes [loi 7.110 du Code de la Guilde Mercantile].

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