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Monblôg


Monblôg aime qu'on lui flatte les flancs mais aussi qu'on lui corrige l'orthographe, qu'on lui fasse des compliments, des gouzis-gouzas ou qu'on lui offre des dessins.
Attention : ça reste une bête sauvage !
Dessin de SAD.

Inspired by...






La Boule d’Awhan, vous connaissez ?

Non, ce n’est ni du vin ni du fromage…

 

C’est un monde qui s’étiole mais qui demeurera éternel grâce à la plume d’un chroniqueur farfelu, Lug-Uleth Darkhaz (dit Lud) protégé dans ses pérégrinations par Monblôg le gardien du grimoire. Un univers que je vous laisse découvrir à votre guise.

 

Bonne lecture !

 

31 mai 2009 7 31 /05 /mai /2009 15:56

[L’histoire qui suit a remporté le premier prix du concours de fanfiction organisé par les créateurs du jeu de rôle par forum Edenya. Le premier prix n’était autre que la BD de Koulou, « Le Monde de Titus » spécialement dédicacé pour l’occasion. Les illustrations qui ornent ce récit sont l’œuvre de SAD. Un grand merci à tous.]

 

Epile Ogre :

 

Ainsi s’achève la quête du Sceptre de Brocken. A notre retour nous fûmes accueilli comme des héros des temps anciens, des sauveurs de l’humanité, des étoiles du Roc En’Röll. Les trois Archimages vinrent même nous remettre une médaille pour notre bravoure et une fête fut instaurée. Fête durant laquelle je fis un concours de descente de pintes avec d’autres Nains. Bizarrement, depuis ma rencontre avec Aghlou je supporte une dose d’alcool dix fois plus importante qu’avant. A croire que rencontrer un Dieu vous confère une bénédiction constante.

 

Diding la petite fée devint prêtresse après cette aventure. La foi des Vahaliens globalement devint plus forte et les Dieux gratifièrent le peuple de très bonnes récoltes ainsi que de nombreux autres avantages. La fée récolta assez de fonds pour faire ériger des statues pour tous les Dieux Vahaliens fondamentalement bons. Nul doute que cela fut bien perçu par ces derniers mais les Dieux les plus fourbes se réunissent certainement dans l’ombre pour préparer un sale coup.

 

Le coup que porta Grobil sur la tête de Linel le Faune [1] s’avéra plus puissant qu’il n’avait paru car le petit cabri souffre encore aujourd’hui de troubles cérébraux assez lourds. Il fut renvoyé de la guilde des Chevaliers Abscons car plus d’aucune utilité. A partir de là, ce fut pour lui la déchéance totale. Il mendie, se prostitue et réside sous le pont menant à l’Ile Blanche.

 

Le Minotaure devint un gladiateur d’exception jouissant d’une popularité exceptionnel. Malheureusement il tomba amoureux d’une guerrière qui dans l’arène lui transperça le cœur et ses quatre estomacs. Il eut droit à des funérailles dignes d’un grand seigneur et son tombeau est toujours fleuri par de nombreuses personnes qui l’adulaient dans l’arène.

 

Oveychian, lui, ne se remit jamais réellement de ce qui resta sa plus grande aventure. Morose, dépressif, il essaya en vain de monter plusieurs expéditions pour explorer la Forêt des Songes mais son gros problème de sens de l’orientation s’était répandu dans toutes les chaumières après notre retour. Finalement personne ne voulait se risquer à explorer ne serait-ce que la Grand Place de la Cité avec lui. Il est alors devenu l’un des plus important client de la taverne que nous montâmes Azgor et moi : « Le Tonneau d’Aghlou ».

 

Quant à Prozak, on raconte qu’il serait enseveli dans la caverne de l’Ours avec une bonne partie de ses hommes de main et que tout ça serait l’œuvre des Dieux. Cependant certains évènements troublant me font dire que le richissime meunier se fait seulement discret en attendant de pouvoir porter un coup fatal au bonheur et à l’harmonie qui suinte dans toutes les rues et ruelles de la Cité des Réincarnés [2].

 

***

 

[1] Cf dernier chapitre.

[2] Deux comités s’affrontent à Vahal. Le premier a pour slogan : « Vahal sera toujours Vahal ». Le second aimerait que le nom de la ville soit changé en « Los Réincarnos », la Cité des Réincarnés. En employant ce terme, Nibelund Bibïn montre très bien où va sa préférence.

 

Postface :

 

Le texte original écrit en Nain fut traduit une première fois par Ilec Ricoms’Avien un Elfe érudit cherchant là un peu de considération auprès des savants Vahaliens. Nombreux furent les Nains à prendre cela comme un affront à leur idiome si particulier. Pour eux, l’Elfe ne respectait absolument pas la construction poétique de la prose Naine. Cela fit grands bruits à Vahal. Certains allèrent même jusqu’à brûler l’ouvrage qui venait d’être offert à la bibliothèque de la Tour des Archimages. D’autres proposèrent vaguement de brûler Ilec mais ils n’allèrent pas jusqu’au bout de l’idée, l’Elfe parvenant à s’exiler à temps dans la Forêt des Songes.

 

Ainsi, la présente édition de Mort et réincarnation d’un Nain est celle réécrite par Liam Sobresaule, un dryade, à la demande de l’Ordre des Chevaliers Abscons. Il s’agit là d’un hommage à Nibelund Bibïn pour les services rendus à l’Ordre.

 

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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 02:01

[L’histoire qui suit a remporté le premier prix du concours de fanfiction organisé par les créateurs du jeu de rôle par forum Edenya. Le premier prix n’était autre que la BD de Koulou, « Le Monde de Titus » spécialement dédicacé pour l’occasion. Les illustrations qui ornent ce récit sont l’œuvre de SAD. Un grand merci à tous.]

 

Chapitre 10 : Un homme sur un tonneau

 

« WOOHOWOHOWOH !

- Aïe !

- BEEHEHH ! BEH ! Ouille !

- Humpff ! »

 

Grobil, Linel, Azgor et moi-même tombâmes les uns sur les autres comme de vulgaires sacs de céréales. Diding grâce à ses ailes et Oveychian par l’agilité légendaire octroyée par les Dieux aux Elfes arrivèrent à s’en sortir sans heurts. Nous reprîmes cependant tous nos esprits assez rapidement pour s’apercevoir que nous étions bien à l’orée du bois et que devant nos yeux, une vaste plaine semblait s’étendre comme un tapis de la grande salle de la Guilde des Tisseurs de Bonaventure [1].

 

« Bon ! Nous voilà dans la plaine tranquille, pas besoin de monter la garde cette nuit, nous allons pouvoir nous reposer. » Dit Oveychian avec toute l’assurance de ses origines lointaines.

 

Ainsi nous montâmes nos tentes et après un repas pris sur le pouce nous pûmes nous coucher pour rejoindre le pays des rêves. Malheureusement nous n’atteignîmes jamais cette nuit là les côtes du sommeil paradoxal puisqu’un évènement imprévu et pour le moins imprévisible vint nous faire sortir de nos tentes.

 

« Oh ! Les flemmards, il serait peut-être temps de vous remettre en route ! »

 

Cette voix venait du dehors. En même temps, nous étions dans la nature et cela paraissait plutôt logique que la voix vienne du dehors. Comme personne ne semblait vouloir sortir de sous ses couvertures pour braver le danger, je pris mon courage à deux mains pour aller à la rencontre du visiteur.

 

« Ah ! Je vois que l’un de vous ose sortir !

- Oui… Que nous vaut l’plaisir de votre visite ? »

 

J’avais face à moi un vieil homme barbu assis sur un tonneau. Sa barbe grise et ses cheveux neigeux éclairés par les reflets de la Lune lui donnaient un âge avancé mais sa dégaine contrastait sérieusement avec son physique. Il parlait d’une voix clair et forte mais bien qu’il fût à une certaine distance de mon nez, je pouvais sentir son haleine chargée d’effluves de bière.

 

« Faites sortir vos amis, j’ai à vous parler. »

 

Nul doute que mes « amis » écoutaient car ils sortirent sans que je n’ai à lever le petit doigt, celui-là même avec lequel je me grattais parfois vigoureusement les oreilles pour en sortir de quoi faire des bougies. Grobil s’avança de manière à être le plus en évidence.

 

« Un Minotaure, un Faune, un Elfe, un Nain de Zorg’Arul, une fée et un Nain… Oui, vous correspondez bien à la compagnie que je recherche. Vous en avez mis du temps pour traverser la Forêt des Songes…

- C’est la faute de l’Elfe ! S’empressa de dire Grobil.

- Ah ?

- Eh ouais ! Il se prend pour un éclaireur mais il est bon à rien, ajouta Azgor.

- Allons, allons, je ne suis pas là pour arbitrer vos quenelles. J’ai d’autres desseins.

- Euh… vous vouliez dire querelles non ? Demanda Linel, le grand spécialiste du vocabulaire.

- Oui pourquoi ? Ce n’est pas ce que j’ai dit ?

- Non, vous avez dit quenelles. Ce qui n’est pas du tout la même chose.

- Ah oui… peut-être…

- Non, non mais c’est sûr, vous avez dit quenelles !

- Peu importe ! Sembla s’indigner l’homme assis sur son tonneau. Comme je l’ai dit, j’ai d’autres choses à faire que d’arbitrer vos querelles !

- Je viens de vous dire que ce n’est pas ce que vous aviez dit ! Vous avez confondu quen… »

 

Agacé, Grobil tapa du poing sur la tête du Faune qui tomba dans les pommes [2].

 

« Voilà, poursuivez brave homme. Expliquez-nous les raisons de votre visite.

- Oui, je n’ai d’ailleurs pas que ça à faire donc je vais tâcher d’être bref.

- Euh… avant que vous ne commenciez votre histoire, si c’est de la bière que vous avez dans votre tonneau, j’aurai rien contre une petite chope, coupa Azgor décidément toujours dans les bons coups.

- Si c’est de la bière ? Enfin, aucun de vous ne m’a donc reconnu ? Je suis Aghlou, Dieu de la bière !

- Aghlou ! Répétions-nous tous en cœur.

- Oui, c’est moi-même. Depuis votre départ de Vahal, nous, les Dieux suivons votre parcours assez pitoyable il faut le dire et aujourd’hui alors que Prozak possède plus de trois jours d’avance sur votre fine équipe, nous avons tranché. Les Dieux à l’umaniminimi… l’unamini… enfin, bref, nous avons décidé de vous venir en aide pour le bien de ce monde. J’ai été choisi comme messager. C’est tout à fait exceptionnel et j’espère que vous mesurez bien votre chance.

- Et de quelle façon pouvez-vous nous aider ? Demanda Oveychian.

- De bien des manières, voyons, nous sommes des Dieux, tout nous est possible. Enfin, j’avoue que là, nous nous sommes surpassés. On aurait pu vous mâcher le travail mais je dirais qu’en plus on vous l’a prédigéré. Elle est pas belle la vie ? »

 

Le Dieu de la bière sortit de sa manche, comme par enchantement, un long bâton phosphorescent qui donnait à la situation un caractère des plus solennel.

 

« Savez-vous de quoi il s’agit braves Chevaliers Abscons ?

- Euh… un tube néon ? » Hasarda Grobil.

 

Tout le monde se retourna en direction du Minotaure. Aghlou écarquilla des yeux si ronds qu’on aurait cru des billes. Grobil se serait mis à rougir comme une Elfette que nous n’aurions pas été étonné.

 

« Je ne sais pas, ça m’est venu comme ça, d’ailleurs je ne sais même pas de quoi je parle.

- Nous non plus, je vous rassure. Donc aucun de vous ne sait de quoi il s’agit ?

- Il faut croire que non, intervint Diding jusque là très silencieuse.

- Eh bien j’ai l’honneur de vous remettre l’objet que vous cherchez. Nous les Dieux l’avons subtilisé dans la caverne de l’Ours dans la Vallée des Brumes.

- Alors là, on vous arrête tout de suite, nous ne cherchons pas un objet mais un fantôme. Le sceptre de Brocken pour être exact. Désolé mais nous ne devons pas être le groupe d’aventuriers que vous cherchez, dit Oveychian.

- Mais bon sang ! L’intelligence aurait-elle fuit ce groupe ? Le sceptre de Brocken est un objet ! Cet objet là ! Celui que je vous tends ! Un sceptre ! Pas un spectre ! Bordel de Dieu ! »

 

Des éclairs zébrèrent le ciel étoilé. Le Dieu était sur le point de se mettre en colère mais Azgor parvint à apaiser les esprits.

 

« Calmez-vous ! Oveychian est complètement con, ce n’est pas de sa faute, c’est un Elfe.

- Ah oui… j’oubliais… »

 

Ainsi Aghlou nous donna le sceptre de Brocken et nous demanda en échange de remplir quelques formalités.

 

« Voilà, vous signez ici et ici. Les autres Dieux voudront une preuve que le colis a bien été livré. Bien entendu, vous devrez tout raconter aux Vahaliens en leur précisant bien que les Dieux les ont sauvés de Prozak et du chaos.

- ça sera fait n’ayez crainte.

- Voilà, une petite bière pour fêter la fin de cette aventure ?

- Volontiers. »

 

Et nous bûmes une grande partie de la nuit en compagnie du Dieu de la bière, à l’orée de la Forêt des Songes, dans la Plaine Tranquille. Grâce à un parchemin de Retour Au Temple Principal, nous pûmes rentrer sans encombre [3] à Vahal.

 

 

***

 

[1] Guilde ayant tragiquement disparue dans le grand incendie qui dévasta Vahal en 39.

[2] C’est à ce moment que j’eus une idée de fin gourmet. Je me fis alors la promesse d’accompagner le prochain cabri à la broche de pommes frittent dans de l’huile bouillante. Allez savoir pourquoi…

[3] Fait assez rarissime car les parchemins de RATP sont souvent défectueux.

 

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20 mai 2009 3 20 /05 /mai /2009 23:58

[L’histoire qui suit a remporté le premier prix du concours de fanfiction organisé par les créateurs du jeu de rôle par forum Edenya. Le premier prix n’était autre que la BD de Koulou, « Le Monde de Titus » spécialement dédicacé pour l’occasion. Les illustrations qui ornent ce récit sont l’œuvre de SAD. Un grand merci à tous.]

 

Chapitre 9 : Centaure Dèzhyl

 

« Non mais puisque je vous dis qu’on est perdu ! Ça sert à rien de continuer ! On est per-du !

- Ah alors là je dis chapeau ! Non, franchement chapeau, une journée qu’on suit un bon à rien et voilà où ça nous mène ! Dans le trou du cul de la Forêt des Songes.

- Mais si t’es pas content Grobil fallait prendre l’expédition en mains.

- C’est un peu facile ça Oveychian !

- Oui mais n’empêche que ça te coupe le sifflet gros nul !

- RAHH Suffit hein ! Le gros nul je crois plutôt que c’est celui qui vient de nous perdre en pleine forêt !

- Mais si ce connard de Nain ne m’avait pas saoulé avec ses questions à deux balles aussi !

- Ah v’là qu’il se met à parler en Elfique pour pas qu’on comprenne le bougre !

- Non, non, il a parlé dans la langue commune Grobil. Et j’ai pas trop apprécié ses paroles…

- Ah ! Ne la ramène pas chiard de Nain ! T’es même pas Chevalier Abscons alors la ramène pas !

- Et tant mieux quand on voit comment vous êtes doués ! M’énervai-je.

- Bêêe arrêtez les amis, réfléchissons plutôt à un moyen de s’en sortir.

- Oui ! Ecoutez Linel, ne nous fâchons pas pour si peu.

- Oh vous les demi-portions la ferme ! Hurla Grobil.

- Espèce de mufle ! Rétorqua la petite fée toute crispée.

- Foutez le camp ! Allez chercher votre solution sous une souche et revenez nous voir quand vous aurez trouvé ! » Cria le Minotaure en indiquant un endroit qui semblait se perdre dans le lointain. C’est là qu’il aperçut le Zorg’Arul dans une posture qui fit déborder l’eau de la mare. « ET TOI ? QU’EST-CE QUE TU FOUTS ASSIS LA ?

- Moi ? Bah je profite de la pause pour casser la croûte. Je n’ai guère envie de participer à votre petite engueulade.

- Mais je suis entouré par une vraie bande de champions ! C’est pas possible !

- Chut ! Fit l’Elfe plein d’aplomb.

- Quoi ? Tu te souviens du chemin ?

- Non. Mais chut ! »

 

Nulle forêt ne m’avait alors parue plus silencieuse. Il faut dire aussi qu’après le raffut que l’on venait de faire, n’importe quel lieu aurait paru silencieux. Là toutefois c’était autre chose. Pas un bruit ne venait siffler à nos oreilles mais une drôle de sensation vint nous empenailler les tripes : comme si quelqu’un s’approchait en tapinois de notre petit groupe.

 

« Qu’est-ce que c’est Oveychian ? Demanda le Faune qui avait tout compris de la situation.

- Je ne sais pas.

- Ah bah voilà, c’est bien la peine d’avoir une vue perçante et l’ouïe fine, charia Grobil. »

 

L’Elfe lança un regard des plus maussade au Minotaure mais il n’eut pas le temps de l’invectiver.

 

« Pllllll ! Qui se trouve dans ma forêt ? Plll hihihiii.

- Un Centaure… A moins que mes yeux ne soient abusés par quelque sorcellerie…

- Plllloui, un Centaure comme vous dîtes. Je me nomme Dèzhyl. Et vous ? Qui vous a donné le droit de déranger le repos de la Forêt des Songes ? »

 

La bête qui se tenait face à nous devait être issue du croisement d’un baudet et d’une Elfette des bois car il avait le tronc d’un humain vissé sur le corps d’un cheval. Il n’était pas à proprement parler effrayant mais uniquement parce que la lumière du jour vacillait encore un peu dans le sous bois. A quelques instants près, cette créature nous aurait collé les miquettes en pleine nuit et nul doute que nous aurions cavalé dans tous les sens pour fuir.

 

« Pllalors hiihhiiihi ! J’attends des explications, s’ébroua le Centaure.

- Nous faisons partis de l’ordre des Chevaliers Abscons, nous servons la terre d’Edenya et défendons la vie, la justice et la paix. Nous ne voulons aucun mal à la grandeur de votre forêt. Nous nous sommes juste égaré du chemin, expliqua Oveychian.

- Qu’est-ce qu’il ferait pas pour pas dire qu’on est carrément perdu !

- Ah vous ne serez pas les premiers à vous perdre dans la Forêt des Songes. Mourir ici est moins atroce que de se faire étriper par des orques au fond d’une caverne à ce qu’hiihihihil paraît.

- Mais vous pourriez peut-être nous aider vous ? Sembla implorer l’Elfe.

- Vous aider ? Et qu’yhiihi gagnerai-je ?

- Nous devons traverser la rivière Kar Dal Me pour nous rendre dans la vallée des brumes de l’autre côté de la Plaine Tranquille.

- Et pllllourquoi je vous prihiihihi ?

- Nous sommes à la recherche du Sceptre de Brocken…

- Vous aussihihi ?

- Oui et nous devons donc…

- Comment ça nous aussi ? Coupa le Faune qui en présence d’un être lui ressemblant quelque peu semblait plein d’assurance.

- Ouihihi un groupe est passé ce matin sur mes terres. Trois hommes et deux femmes. Des gens sympathique. Ils avaient à leur tête un certain Prozak. Un amihihihi à vous peut-être ? »

Tous en cœur nous répondîmes :

« Prozak !?! Mais c’est une catastrophe ! »

Puis Diding fit un bref résumé de la situation au Centaure :

«  Prozak est le pire bougre que les Dieux aient pu réincarner sur Edenya. Il projette d’endormir ce monde dans le brouillard le plus épais qui soit grâce au Sceptre de Brocken ! Vous devez nous aider à retrouver notre chemin Dèzhyl ! Nous sommes les seuls à pouvoir l’arrêter et visiblement nous comptons presque une journée de retard sur lui et sa bande.

- Je ne sais pas… Ils m’avaient prévenu qu’un autre groupe passerait et que je devais tout faire pour les empêcher de passer. Que l’avenir de ce monde en dépendait…

- Oui ! Ils ont raison mais c’est nous les gentils héros ! Alors dépêchez vous de nous indiquer le chemin ! Ordonnai-je à ce vil canasson.

- Mais je…

- Ne nous obligé pas à employer la force, menaçai-je.

- En même temps hihil ma dit que l’avenir de ce monde dépendait de mes actes… Si je vous retiens et que ce que vous dîtes est vrai, la fin de ce monde sera ma faute… Non, je dois donc vous aider.

- Oui et vite, sembla s’impatienter Grobil.

- D’accord, d’accord… A cinquante pas au sud il y a une pierre levée dans une clairière. Touchez-la tous ensemble et prononcez la formule magique. Vous vous retrouverez alors à la lisière de la forêt, du côté de la Plaine Tranquille. Ainsi vous devriez rattraper votre retard !

- Très bien ! »

 

Et tous coururent en direction du sud. Tous sauf moi car j’avais heureusement l’esprit fin du Nain. Une fois que mes camarades furent assez éloignés, je demandai au Centaure :

« Allons… Dîtes moi donc quelle est la formule magique qu’il nous faudra prononcer ?

- Hihihii je vois qu’un esprit supérieur fait parti de ce groupe.

- Eh ouais ! Faut bien qu’il y en ait un dans chaque groupe d’aventuriers. Là, il s’avère que c’est moi. Alors la formule ?

- Tipapalik Malofrechain Grassbodoul.

- Tipapalik Malofrechain Grassbodoul, d’accord. Ce qui veut dire ?

- Aucune ihihidée…

- Merci, merci mille fois ! »

 

Comme s’il venait de remplir sa tâche, le Centaure fit demi-tour pour s’en aller par où il était venu. Pour ma part je pris la direction du sud, pas peu fier d’être celui par qui la délivrance allait arriver. Tout en marchant je réfléchissais à la manière la plus théâtrale que je pouvais trouver pour montrer mon importance dans le groupe. A l’approche de la pierre levée je pus les entendre :

 

« Mais !? Où est Nibelund ?

- Quoi ? Il ne nous a pas suivi ? Roh le lourd, va falloir le chercher.

- Ou alors on part sans lui. Après tout il n’est pas Chevalier Abscon.

- Non, non, nous ne serons pas trop de six pour combattre Prozak.

- Oui mais s’il n’arrive pas on risque bien de ne jamais avoir à combattre…

- Allez je dis la form… Putain ! La formule magique ! On s’est fait berner !

- Je savais bien qu’on ne pouvait pas avoir confiance en cette bestiole !

- Hum hum…

- Ah Nibelund enfin ! S’écria Azgor.

- Ouais enfin maintenant qu’il est là ça change rien on n’a pas la formule, dit l’Elfe dépité.

- Ahlala ! Sans moi vous seriez perdu… »

 

Ils avaient tous une main sur la pierre levée. Je m’approchai donc pour y apposer la mienne et dire : « Tipapalik Malofrechain Grassbodoul. »

 

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29 avril 2009 3 29 /04 /avril /2009 02:09

[L’histoire qui suit a remporté le premier prix du concours de fanfiction organisé par les créateurs du jeu de rôle par forum Edenya. Le premier prix n’était autre que la BD de Koulou, « Le Monde de Titus » spécialement dédicacé pour l’occasion. Les illustrations qui ornent ce récit sont l’œuvre de SAD. Un grand merci à tous.]

 

Chapitre 8 : Et au milieu coule une rivière

 

« Allez hop ! En route ! » Vint nous résonner dans les oreilles la grosse voix du Minotaure après que nous ayons plier les tentes et verser un peu d’eau sur les braises du feu de camp. Le grand moment était arrivé, nous nous apprêtions à pénétrer dans la fameuse Forêt des Songes. Celle dont tous les ivrognes et les aventuriers un peu bas du front parlaient à Vahal ; qu’ils l’aient ou non arpentée un jour. La Forêt qui a vu disparaître tant de braves types comme Brovech le Juste ou Pénowyrr Greng-Hignöl. La Forêt des Songes…

 

Oveychian prit les devants dans cette partie du voyage d’une part parce qu’il était éclaireur de formation et d’autre part parce qu’en tant qu’Elfe, la nature et les arbres, c’était son domaine. Derrière lui suivait Diding la petite fée aux ailes papillonnantes et qui n’arrêtait pas de monter et descendre comme si elle avait été incapable de suivre une trajectoire rectiligne. A force de la regarder j’en eu mal au cœur au point que je crus rendre mon dernier repas entre les racines d’un chêne centenaire [1]. Heureusement, Azgor me donna une bonne rasade de gnôle de cerise.

 

« Tiens ! Bois ça, c’est un anti-vomitif très puissant. C’est Vogalen l’alchimiste qui fait sa propre production. Il m’en a donné un flacon avant que l’on se mette en route. »

 

Ce Nain avait décidément tout ce qu’il fallait dans son sac pour mener l’expédition sans encombres. Je reconnaissais bien là le sens de l’organisation des Nains même si celui-ci n’en était pas un tout à fait comme les autres.

 

Grobil et Linel fermaient la marche et je me souviens avoir pensé que nous étions un peu comme les gardiens d’un troupeau assurant une sorte de transhumance à travers Edenya, la terre des réincarnés. Dans mes rêveries nous devions bringuebaler le Minotaure et le Faune jusqu’à un village où le boucher nous attendait avec impatience pour tailler steaks et gigots. Là-bas nous fûmes payé grassement et avec ce pécule, je revenais à Vahal pour m’acheter une bicoque où je finissais paisiblement mes jours avec quelques Elfes pour me servir et des Eils pour me limer les ongles. Tel un roi dans son palais. Un coq en pâtes. Une huître en son marais.

Une brusque bousculade me ramena à la réalité. Grobil m’était passé devant en courant, bientôt rejoins par Azgor, je vis Diding se percher sur une haute branche et je sentis Linel se cramponner à mon bras.

 

« Ah mais non ! Va t-en je ne suis pas ta mère ! »

 

Après moult efforts il me lâcha la grappe et je pus à mon tour me lancer à la poursuite de mes camarades en me demandant ce qui pouvait bien les affoler de la sorte. J’arrivai alors dans une clairière bordée par de gros arbres tordus qui laissaient à mon imagination le loisir d’évoquer des personnes torturées. J’étais bizarrement seul à cet endroit, mon pied de biche à la main, au cas où. Puis j’entendis des voix s’élever au loin. Je reconnus celle du Minotaure et en conclus donc que les Chevaliers Abscons n’étaient pas très loin de ma position.

 

« EHH OHH ! Vous êtes où ? » Hurlai-je de peur qu’on m’oublie dans cette forêt pour l’éternité. Le silence comme seule réponse, les oreilles aux aguets, je sentais la panique s’insinuer dans mes braies. Horreur. Cauchemar. Le vertige puis une sorte de magie vint me secouer les tripes. J’eus la sensation d’avoir dormi éveillé. Je marchais aux côtés d’Azgor qui ne semblait pas inquiet outre mesure.

 

« Attendez ! Qu’est-ce qui se passe ? J’ai l’impression qu’on nous jette un sort ! »

Mes camarades me regardèrent avec circonspection.

« Un sort ? Questionna l’Elfe.

- Oui j’ai l’impression de rêver éveillé. Ça ne va pas du tout ça.

- Bienvenue dans la forêt des songes Nibelund. Me répondit l’Elfe avec un air sadique. Celui dont l’esprit s’égare en ces lieux peut ne jamais retrouver son chemin.

- Qu’est-ce que c’est que cette histoire ?

- Je vois. Personne ne vous a donc prévenu ?

- Mais prévenu de quoi à la fin ? »

 

Oveychian sembla trucider du regard le Minotaure qui tenta de se défendre par une petite phrase :

« Ouais bon ça va ! On a oublié de lui parler de ça mais c’est quand même pas si grave, si ?. Et puis maîtresse Cléhalène a pas vraiment pris le temps de le préparer pour cette aventure faut dire.

- Silence ! Ne cherchez pas d’excuses, vous n’en avez aucune. »

L’Elfe tourna de nouveau son regard vers moi :

« Bon Nibelund, nous sommes dans la Forêt des Songes et vous n’êtes peut-être pas au courant mais cette endroit est enchanté. Le voyageur imprudent peut ici se retrouver à jamais enfermer dans ses rêveries c’est pourquoi il vous faut absolument ne penser à rien.

- Ne penser à rien ? Mais c’est impossible !

- C’est pourtant le seul moyen de ne pas se faire emprisonner dans un cauchemar. Et puis quand je dis ne penser à rien, c’est surtout qu’il faut éviter de se laisser submerger par le rêve.

- Très bien… Je vais essayer.

- Oui, vous avez tout intérêt. »

Juste avant de nous remettre en route, Oveychian s’adressa à l’ensemble du groupe :

« Veillons les uns sur les autres mes amis. Nous devons franchir la rivière Kar Dal Me qui coule au milieu de cette forêt avant de pouvoir nous reposer. Il y a de l’autre côté un petit sanctuaire qui permet de dormir et de rêvasser sans craindre pour nos vies. »

 

Nous nous remîmes en route et je m’efforçai de ne penser à rien mais je crois que ça aurait été plus facile de me demander d’embrasser le cul d’un Elfe. Finalement le meilleur moyen s’avéra d’engager la conversation avec celui qui semblait le mieux connaître le coin :

 

« Alors comme ça on va passer la nuit dans cette forêt ?

- Oui. Répondit Oveychian tout en marchant à pas feutrés sur la mousse et les feuilles recouvrant le sol.

- Ce n’était pas prévu au programme ça.

- Ah ? Parce que vous aviez un programme ?

- Non, c’est une façon de parler.

- Une façon de vous rassurer plutôt. Ne vous inquiétez pas, cette forêt est sûre.

- Mais je ne m’inquiète pas, vous avez l’air de bien connaître les lieux. Parlez moi donc de ce sanctuaire qui nous tiendra lieu d’auberge.

- C’est une clairière de l’autre côté de la rivière. Un endroit tout à fait charmant vous verrez.

- Une clairière… Très bien, très bien… »

 

Nous parlâmes ainsi une bonne partie de la matinée avant de nous arrêter pour un repas frugal pris sous un saule avant de reprendre la route et donc la parlotte durant tout l’après midi. Alors que le soleil commençait petit à petit à montrer des signes de fatigue, nous indiquant par là qu’il fallait penser à trouver notre refuge, Oveychian s’arrêta.

 

« Qu’y a-t-il ? Demandai-je, flairant la mauvaise nouvelle.

- Taisez-vous ! »

 

L’Elfe semblait scruter de ses yeux bleus les tréfonds obscurs des buissons environnants. En même temps, il paraissait tendre l’oreille, à l’affût du moindre bruissement. En pleine phase d’observation et d’écoute, il finit par conclure :

 

« Nous sommes perdus ! »

 

***

 

[1] A y réfléchir, c’était peut-être aussi le fait de pénétrer dans ce lieu oppressant qui me filait la gerbe. Le chêne était peut-être aussi un orme après tout qu’est-ce que j’en sais, je ne suis pas bûcheron.

 

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26 avril 2009 7 26 /04 /avril /2009 02:40

[L’histoire qui suit a remporté le premier prix du concours de fanfiction organisé par les créateurs du jeu de rôle par forum Edenya. Le premier prix n’était autre que la BD de Koulou, « Le Monde de Titus » spécialement dédicacé pour l’occasion. Les illustrations qui ornent ce récit sont l’œuvre de SAD. Un grand merci à tous.]

 

Chapitre 7 : Bivouac

 

C’est à la lisière de la Forêt des Songes que nous nous arrêtâmes pour établir le campement. Passer la nuit à cet endroit me rendait quelque peu nerveux mais je me rassurai en pensant qu’Oveychian aurait pu carrément proposer que nous dormions dans la forêt même. A la cime des arbres.

Nous ne disposions que de trois tentes et il fut nécessaire de constituer des binômes. Il fut donc décidé que l’Elfe partagerait sa couche avec le Faune, le Minotaure avec la Fée et le Zorg’Arul avec moi-même.

 

« Les deux Nains ensemble ! Ça va donner un concours de pets mémorable, s’empressa de chambrer Oveychian.

- Fais gaffe à ton arrière train Linel, cette nuit. Les Elfes comme les légionnaires ont parfois de drôles de mœurs. » Répondis-je aussi sec.

J’avoue que cette petite phrase assassine eut le mérite de plomber quelque peu l’ambiance et je n’en étais pas peu fier. Je n’ai de toutes façons jamais eu de goût pour la franche camaraderie.

 

Pour le repas du soir, pris autour du feu qu’avait allumé Diding, chacun avait ses propres rations. De l’herbe pour Linel et le Minotaure, ce dernier ruminant comme n’importe quel bovin. Sa langue bleue venant chatouiller ses narines était un réel spectacle qui je peux vous dire aurait rendu fou de joie n’importe quelle Minotaurette. Si tant est qu’il en existe. En fait je me suis toujours demandé et me demande encore, si les Minotaures ne se reproduisent pas directement avec des vaches.

Oveychian lui, se contenta d’une petite gaufrette, sèche, sans aucune charcuterie à poser ou à étaler dessus. Il n’y a bien que les Elfes pour manger boustifaille aussi fade.

Diding se contenta d’une cerise qui lui fit tripler de volume son petit ventre. Je fus d’ailleurs surpris qu’elle ne gerbe pas ce soir là tellement le fruit semblait démesurer par rapport à la taille que devait faire son estomac.

 

Azgor partagea son repas avec moi. Il avait un sac énorme ne renfermant que des victuailles. Saucissons, andouilles, pains croustillants, pâtisseries. Tout ce dont j’avais besoin pour me remettre de mes émotions de la fin d’après midi. Après tout, j’avais vaincu l’inquiétant Siks Fiteunder, normal que ça ait creusé mon appétit.

« Tiens goûte moi ça ! M’ordonna Azgor en me tendant une outre.

- Hmmm ! De la bière ! Et fraîche en plus ! Mais par quel miracle…

- C’est un ami à Vahal qui est mage du froid. Il a enchanté mon outre pour qu’elle garde la bière fraîche !

- Mais c’est génial, faudra que je m’en procure une quand on rentrera. »

Nous parlâmes encore de bien d’autres choses ce soir là, Azgor et moi. Bien que je ne le considérais qu’à moitié comme un Nain en raison du fait qu’il sache faire de la magie, il m’apparut comme un fidèle compagnon sur lequel je pouvais compter. Une chose rare en Edenya.

 

Après le repas, un différend anima les débats. Diding et Grobil voulurent prendre le premier tour de garde mais s’était sans compter sur Linel qui lui, préférait dormir d’une seule traite sans avoir à se lever en pleine nuit. Finalement le Minotaure se montra très persuasif en menaçant le Faune de le faire rôtir à la broche pour l’offrir aux loups que nous risquions de croiser dans les prochains jours, au cœur de la Forêt des Songes. C’est là que j’intervins :

 

« Ah parce qu’il va falloir qu’on traverse cette forêt ?

- Mais oui mon cher… Pourquoi cette question ? Vous vous sentez soudainement moins hardi ? S’empressa de demander Oveychian d’un ton narquois.

- Non… Pas du tout. Pour tout vous dire j’ai toujours trouvé les forêts assez plaisantes à traverser. On y croise que des bêtes qu’un enfant pourrait écraser. C’est sans doute pour ça que les Elfes y ont élu domicile.

- Ah ! Tant mieux… »

Je sentais que cet Elfe pédant était agacé par mon sens de la répartie et cela me plaisait bien. Néanmoins l’idée de traverser la forêt m’inquiétait mais de toutes façons, tout m’inquiétait dans cette histoire. Il était donc temps que j’en sache un peu plus.

 

« Bon Grobil, vous croyez pas qu’il faudrait m’en dire un peu plus à présent ?

- Arf… Si mais… Par où commencer ?

- Par le début, je vois que ça !

- D’accord, alors…

- Tiens, non, dîtes moi plutôt qui est ce Prozak contre lequel nous luttons.

- Prozak ? Vous voulez dire que vous ne connaissez pas Prozak ? Mais vous ne sortez jamais de chez vous à Vahal ou quoi ?

- Bah si mais faut croire que j’écoute pas les bons ragots.

- Prozak est l’un des plus anciens réincarnés de la cité. On dit qu’il serait arrivé presque au même moment que les Trois Archimages. Il a d’ailleurs demandé à être considéré comme le Quatrième mais cela lui a été refusé. Du coup il est devenu meunier, c’est le patron du Moulin aux ailes d’or…

- Un simple meunier ? Je croyais qu’on avait à faire à une vraie teigne moi, pas un vulgaire meunier.

- C’est loin d’être un vulgaire meunier, c’est LE meunier de Vahal. Celui par qui toute la farine transite. C’est l’individu le plus riche de la cité : ce qui lui permet de graisser la patte des gardes, de s’offrir les services des assassins les plus fourbes ; ceux de la Guilde des Charcutiers. Et puis il possède sa propre organisation maléfique : l’Ordre des Chevaucheurs de Mort. Des nécromants, des voleurs, des meurtriers et tout un ramassis de ce que les Dieux ont pu inventer de plus vénéneux.

- Ah quand même…

- Oui ! Vous voyez à présent contre quel sinistre personnage nous nous battons. »

Dans la fraîcheur de la nuit, une petite bise glacée vint faire crépiter le feu alors que Grobil achevait le portrait de notre ennemi : Prozak. D’autres questions me vinrent :

« Je vois que c’est un être puissant de par sa fortune mais devons nous craindre de lui ou juste de ses fidèles ?

- Lui-même est un sorcier des arcanes du temps, répondit Oveychian. Il n’intervient que rarement mais il s’entraîne beaucoup et nul doute qu’il est un puissant sorcier à l’heure actuelle.

- Les arcanes du temps ? Le temps qui passe ? Le temps qu’il fera demain ?

- Ah j’oubliai en effet que vous ne devez rien connaître à la magie en tant que Nain. »

A ce moment, Azgor claqua des doigts et le feu redoubla d’éclat. Oveychian se ravisa :

« Enfin, même si quelques-uns d’entre vous arrivent à faire quelques tours de passe-passe. Pour répondre à votre question Nibelund : Prozak maîtrise le temps qui passe. On dit qu’il peut ralentir ou accélérer des évènements mais également revenir dans le passé.

- Et bientôt il maîtrisera le temps qu’il fait sur Edenya si nous ne trouvons pas l’objet de notre quête avant lui, coupa Grobil assis en tailleur de l’autre côté des flammes.

- Ah d’ailleurs j’ai pas trop compris ce que nous étions censé chercher, m’exclamai-je sur le ton d’une question.

- Ça c’est à Linel de répondre, dit Oveychian.

Le Faune s’exécuta :

- Le Sceptre de Brocken, c’est ce que nous cherchons. Il permet de plonger une zone dans le brouillard le plus épais. Nous devrions le trouver dans la Vallée des Brumes.

- D’accord. Et où se trouve cette vallée ?

- Nous devons traverser la Forêt des Songes à laquelle nous sommes pour le moment adossés puis ça sera la Plaine Tranquille au bout de laquelle nous trouverons les Montagnes Ténébreuses qu’il nous faudra longer en direction du Nord jusqu’à la Vallée des Brumes. Là-bas, nous improviserons.

- Hum… hum… ça m’a tout l’air d’être un long périple.

- Oui et c’est pourquoi vous devriez en profiter pour vous reposer. Allez hop ! Au lit ! Ordonna le Minotaure. »

 

Nous passâmes une nuit fort tranquille, prenant nos tours de gardes les uns après les autres sous un ciel étoilé. Intérieurement je redoutais quand même notre escapade du lendemain dans cette forêt qui ne me disait rien de bon.

 

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22 avril 2009 3 22 /04 /avril /2009 00:46

[L’histoire qui suit a remporté le premier prix du concours de fanfiction organisé par les créateurs du jeu de rôle par forum Edenya. Le premier prix n’était autre que la BD de Koulou, « Le Monde de Titus » spécialement dédicacé pour l’occasion. Les illustrations qui ornent ce récit sont l’œuvre de SAD. Un grand merci à tous.]

 

Chapitre 6 : Comment Siks Fiteunder fut latté

 

« Vite ! Vite dépêchez vous de refermer la porte, ils arrivent ! » Bêlait Linel le Faune en pleine panique.

 

Nous tirions de toutes nos forces, Azgor, Grobil et moi-même sur cette foutue porte qui aurait due être rabotée. En même temps, il est vrai qu’une entrée de caveau n’est pas censée servir très souvent et l’on peut donc comprendre qu’elle fut si dure à refermer.

C’est donc non sans mal et juste au moment où un zombie arrivait à une foulée de la sortie que nous parvînmes à tirer la porte. La fermeture provoqua un vacarme énorme dans le cimetière, un écho se répercutant de pierre tombale en pierre tombale.

 

« Fiouuu ! C’était moins une ! » Conclut Azgor le Zorg’Arul.

 

Nous étions sortis tous les six de cet enfer sinistre et reprenions notre souffle. La panique nous avait fait complètement oublier les raisons de ce réveil soudain des morts de Vahal : l’invocation des nécromanciens de la guilde de Prozak. C’est Diding qui la première repris ses esprits.

 

« Les nécromanciens ! Les nécromanciens ! Ils nous encerclent !

- Ah oui, c’est bien vu ça Diding, complimenta le minotaure. On dirait qu’il va falloir jouer des coudes et des sabots pour sortir vivant du cimetière.

- C’est clair, dis-je d’un ton placide mais non sans avoir remarqué la drôlerie des propos de Grobil.

- Là-bas regardez ! S’exclama Azgor en montrant du doigt un type encapuchonné. Il a invoqué des squelettes qui jouent des claquettes ! C’est fou !

- Oui… C’est Siks Fiteunder. C’est certainement lui le meneur. C’est lui qu’il faut liquider, nous expliqua Oveychian d’une voix qui ne trahissait aucune émotion. »

 

Comme tout le monde avait parler sauf Linel, nous nous tournâmes presque simultanément vers lui pour voir s’il était toujours à nos côtés. Ses genoux jouaient des castagnettes et il passait nerveusement sa main droite entre ses cornes. Sans doute réfléchissait-il à un moyen de fuir sans passer pour un lâche.

 

« Bêêê quoi ? Qu’est-ce que vous avez à me regarder comme ça ? »

 

Grobil se désintéressa assez rapidement du Faune qui avait la frousse comme une brebis craignant les loups. Il dégaina une nouvelle fois son cimeterre qui à la lumière du jour dégageait des éclats rouge vifs comme des flammes. Aucun doute, il s’agissait d’une lame enchantée. Il brandit son arme et sans prévenir donna l’assaut.

 

« A l’attaque ! »

 

J’allai le suivre armé de mon pied de biche, prêt à en découdre avec ces nécromanciens dont j’avais toujours trouvé les mœurs hyper malsaines mais un bras vint se mettre en travers de mon torse. C’était celui du Zorg’Arul.

 

« Si tu ne veux pas finir rôti comme une dinde ne passe pas dans mon champ de tir !

- Ton champ de quoi ? T’es un Nain, sort ta hache, va au charbon ! Fais comme moi. Me dis pas que tu tire à l’arc comme une Elfette quand même ! »

 

De sa main libre, Azgor projeta une boule de feu en direction de l’un de nos assaillant. Son projectile dépassa Grobil qui était en pleine course et fit mouche. Paf ! En plein dans la gueule d’un type au longs cheveux de jais et à la mine patibulaire. S’en suivirent plusieurs scènes d’une violence inouïe qui me rappelait presque les batailles de mon ancienne vie.

Se débarrasser des sous-fifres de Siks ne nous prit qu’un court instant et nous en vînmes rapidement à encercler celui qui s’était autoproclamé Grand Nécromant de Vahal. Tous les six nous étions autour de lui. Linel derrière, en fourbe craintif, Grobil en face avec son épée rougeoyante et à présent sanguinaire. Une joute verbale débuta entre le minotaure et le grand méchant Siks.

 

« Ah ah ! Que croyez-vous ? De six vous ne serez pas assez pour me vaincre ! Je suis le plus fort des nécromanciens de Vahal !

- Certes ! Mais le plus naze des Vahaliens ! Rends toi ou meure Siks Fiteunder !

- Aucunement impressionné n’est le Grand Nécromant par vos balivernes. Les Chevaliers Abscons ne sont qu’un ramassis de bouses de vaches.

- Wouwww ! C’est là ce que tu as trouvé de mieux ?

- Non, voilà ce que j’ai de mieux à vous proposer ! »

D’un geste ample, le nécromancien sortit de sa manche un kukri avec lequel il semblait vouloir nous découper en rondelles. Nullement effrayé je pris la parole :

« Allons bon ! Serais-tu à court de sorts que tu t’en remettes à une simple dague ?

- Ignare, me répondit-il en mettant vingt bon R de trop à ce mot.

- C’est le kukri de Snobac, Nibelund ! Avec cette arme en sa possession nous ne pouvons rien contre lui » m’expliqua Oveychian qui illustra ses propos en balançant une dague de jet en direction de Siks. La dague de l’Elfe fut stoppée nette à quelques pas de sa cible. « Cette dague confère une protection totale à son détenteur contre les attaques de Chevaliers Abscons. Malheureusement. »

 

Le nécromancien semblait se délecter de ma mine déconfite. Son sourire laissait apparaître des dents pourries par les feuilles de tabac et les bêtises de Vahal [1]. Son regard perçant laissait entrevoir le fond de ses pensées. Aucun doute, il nous prenait pour des poires et j’ai toujours détesté être pris pour une poire. Sans prévenir je fonçais sur lui pour lui enfoncer mon pied de biche dans les côtes. Celles-ci se brisèrent. Puis un très bref instant après, se furent les poumons et le cœur de Siks Fiteunder qui se percèrent sous la violence de mon assaut. Dans le même temps je hurlai :

 

« JE NE SUIS PAS UN CHEVALIER ABSCONS ! PAS DE CHANCE POUR TOI GROS MANCHE ! »

 

Je retirai mon arme de fortune de la carcasse fumante de cet abruti gisant sur le sol avant de me tourner vers mes camarades de jeux. Ils paraissaient tous estomaqués par mon geste sauf Linel qui lui se cachait encore les yeux.

 

« Bon, maintenant que j’ai réglé son compte à ce blaireau, faudrait peut-être qu’on se mette en route non ?

- Oui ! En route, ordonna Grobil. Et avec un guerrier comme toi Nibelund, les hommes de Prozak n’ont qu’à bien se tenir !

- Quoi ? Mais… Siks est mort ? Nibelund a réussi ? Eh ! Attendez-moi ! »

 

Et Linel nous rattrapa dans l’allée du cimetière que nous nous dépêchâmes de quitter.

 

***

 

[1] Une sucrerie très en vogue dans les ruelles de la Cité.

 

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18 avril 2009 6 18 /04 /avril /2009 00:06

[L’histoire qui suit a remporté le premier prix du concours de fanfiction organisé par les créateurs du jeu de rôle par forum Edenya. Le premier prix n’était autre que la BD de Koulou, « Le Monde de Titus » spécialement dédicacé pour l’occasion. Les illustrations qui ornent ce récit sont l’œuvre de SAD. Un grand merci à tous.]

 

Chapitre 5 : Du beurre et un pied de biche

 

Il y avait tant de questions auxquelles j’aurais voulu qu’on me donne une réponse, tant de mystères que j’aurais voulu éclaircir autour de cette histoire. Partir sans être préparé était quelque chose que j’avais toujours exécré. En plus, la cadence imposée par Grobil dans les étroits couloirs que nous arpentions ne me permettait qu’à peine d’avoir assez de souffle pour le suivre. Alors lui demander de plus amples informations était absolument impossible à ce moment là. Tant pis, il me faudrait attendre le bivouac.

 

J’avais heureusement compris certaines choses : nous devions rejoindre quelques camarades avant de nous lancer à la recherche du Sceptre de Brocken mais le lieu de la réunion tout comme le nombre de compagnons censés former le groupe m’était totalement inconnu. Sans parler du fait que je n’avais aucune idée de la nature de nos ennemis ni de ce que nous cherchions vraiment.

Je supposai que nous nous trouvions dans les profondeurs de Vahal mais ne pouvais pas en être totalement sûr. Par chance, le minotaure était bavard et m’apporta un peu de lumière par ses paroles dans cet endroit si sombre et humide.

 

« Il faut nous presser de sortir des catacombes. Un tunnel traverse Vahal de part en part et l’un des caveaux du cimetière est en fait une sortie. Voilà, c’est à droite. »

 

Nous tournions donc à droite dans ce dédale obscur que je trouvai bien plus effrayant encore dès lors que j’ai su qu’il s’agissait de catacombes. Le fait de ne pas avoir de torche n’apaisait pas non plus mon anxiété. Je n’osai regarder ailleurs que droit devant moi [1] de peur de croiser le regard vide d’un macchabée ou pire, celui d’un zombie.

 

« Une fois dehors, nous ne devrons pas nous attarder aux abords de la ville. C’est bien trop dangereux, Prozak doit avoir soudoyer les gardes pour qu’ils nous traquent. Les autres Chevaliers doivent déjà être en chemin vers l’ouest. Ils sont partis hier et… RAHHHH ! »

 

Le minotaure lâcha un cri rauque qui à mon grand étonnement ne ressemblait en rien à un meuglement. C’était plus un rugissement en fait. Le temps de comprendre ce qui se passait, un zombie gisait en morceaux de diverses tailles à mes pieds. Je levai les yeux vers Grobil qui essuyait son cimeterre à l’aide des loques de sa victime.

 

« Hâtons nous, on dirait qu’un nécromancien fait mumuse à la surface !

- Oui, j’ai très envie moi aussi de respirer à l’air libre. »

 

J’enjambai le zombie non sans dégoût et me lançai dans une course effrénée au côté du guerrier téméraire pour lequel j’avais de plus en plus de respect. Sa bouche écumante, sa langue bleue venant jusqu’à ses narines pour mieux en dégager l’entrée et ainsi mieux respirer, ses muscles saillants sous une épaisse fourrure de poils marrons, il avait l’air de ces minotaures sauvage que l’on croise dans les donjons les mieux surveillés. Une véritable bête de guerre caparaçonnée comme le plus costaud des barbares.

Il s’arrêta d’un coup et je l’imitai car je le considérai en ses lieux comme un très bon guide. De son index crochu, il me fit signe de m’en tenir au silence puis il me montra une petite lumière au fin fond de l’obscur couloir. Il dégaina son cimeterre qui avait fait preuve d’efficacité quelques instants plus tôt et hurla en direction de la loupiote :

 

« Qui va là ? »

 

Tout en attendant une réponse nous approchions prudemment. La lumière sembla venir vers nous puis une petite voix se fit entendre.

 

« Grobil, c’est nous. On n’arrive pas à sortir, la porte est bloquée.

- Qui ça nous ?

- Linel, Azgor et Oveychian voyons qui veux-tu que ce soit ? »

 

Tout en terminant sa phrase, le personnage qui tenait une torche s’approcha assez pour qu’on puisse le voir. C’était un faune semblable à celui que j’avais vu périr dans le port. Grobil semblait le connaître ce qui je dois l’avouer me rassura.

 

« Ah je vois que tu traînes le Nain avec toi ! Il a fini par se réveiller du coup que tu lui as mis sur la tête, c’est une bonne chose. Bonjour à vous maître Nain, je suis Linel…

- Oui bon, suffit les présentations, allons rejoindre Azgor et Oveychian au fond de ce maudit couloir, les zombies se réveillent.

- Les Zombies ? Sembla s’étonner le faune.

- Oui, Grobil en a éclaté un en chemin, c’était pas joli, joli. »

 

Nous nous mîmes en route pour le fond du couloir qui donnait sur une grande porte en métal. C’est là que je rencontrai Azgor, un Nain de Zorg’Arul [2] avec une longue barbe incroyablement noire et Oveychian, un Elfe sylvestre tout de vert vêtu. La compagnie était au quasi complet d’après ce que je réussis à saisir de la discussion. Je compris également que nous aurions tôt ou tard un problème de taille car le minotaure et l’Elfe semblaient se disputer la direction du groupe.

 

« Alors que se passe t-il ? Pourquoi n’êtes vous pas à l’extérieur ? Et où est Diding ? Demanda le minotaure passablement énervé.

- La serrure de la porte est bloquée, sûrement un coup de Prozak et ses sbires. La fée est passée par la serrure pour voir ce qu’il en était dans le cimetière, répondit l’Elfe.

- Très bien et aucun de vous n’a eu une idée pour franchir cet obstacle ? Ça promet…

- Bah le seul de nous qui sait crocheter les serrures est au fond du port à ce que je sache et ce n’est pas ce Nain, censé le remplacer qui pourra nous sortir de ce mauvais pas, il ne sait visiblement même pas boutonner sa braguette ! »

 

C’est vrai qu’en regardant vers mon pantalon, je m’aperçus moi-même de ce détail fort gênant. Je me tournai donc vers le mur pour remettre tout ça en ordre. C’est au moment même où j’attachai le dernier bouton que Diding la fée fit son retour dans les catacombes en papillonnant comme un insecte fou.

 

« Ah Grobil, enfin, vous êtes là !

- Oui… et vous vous n’êtes QUE là ! »

La fée sembla ne pas se préoccuper de cette remarque :

« Vite, il faut trouver un moyen de sortir, des nécromanciens sont en train d’invoquer les squelettes de tout le cimetière. Ils ne vont pas tarder à affluer dans les catacombes !

- Oui mais qu’est-ce qu’on peut faire ? Demande le Nain de Zorg’Arul dépité. Personne parmi nous ne sait forcer une serrure… »

 

J’eus alors l’idée de fouiller dans mon sac. Puisque j’avais pris la place d’Elaflor et par conséquent son paquetage, je devais bien avoir les outils du parfait cambrioleur. Avec un peu de chance, une idée me viendrait. Et c’est ce qui arriva.

 

« BINGO ! J’ai là-dedans du pain, du beurre et un pied de biche ! »

 

Les autres me regardèrent avec des yeux si ronds qu’on aurait dit des billes. La fée sursauta si fort qu’elle se cogna au plafond avant de parvenir à se stabiliser de nouveau. L’Elfe s’adressa à moi d’une manière sarcastique :

 

« Oui et alors ? Vous voulez faire des tartines de pied de biche ?

- Euh… non… Juste forcer la porte en fait ! »

 

Des bruits de cadavres rampant sur le sol vinrent de derrière nous. Dans l’agitation que cela provoqua parmi mes camarades j’entendis les encouragements du petit faune :

 

« Mais allez-y qu’attendez-vous ? Forcez moi cette porte ! »

 

J’enduis alors mon pied de biche de beurre et parvint à le glisser entre la porte et l’huis pour faire levier. Voyant que je peinai quelque peu, Grobil vint me prêter main forte. La porte céda.

 

Il nous restait à présent à sortir, refermer cette porte avant que les zombies ne nous fondent dessus et se débarrasser des quelques nécromanciens qui hantaient le cimetière.

 

***

 

[1] C'est-à-dire l’arrière train du minotaure.

[2] Des Nains dont on prétend qu’ils sont capables de maîtriser certains sorts.

 

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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 00:58

[L’histoire qui suit a remporté le premier prix du concours de fanfiction organisé par les créateurs du jeu de rôle par forum Edenya. Le premier prix n’était autre que la BD de Koulou, « Le Monde de Titus » spécialement dédicacé pour l’occasion. Les illustrations qui ornent ce récit sont l’œuvre de SAD. Un grand merci à tous.]

 

Chapitre 4 : Réveil douloureux

 

Dans cette vie ou dans l’autre, je peux vous certifier que se réveiller avec un mal de crâne est toujours très désagréable. Mais alors quand en plus au réveil, une Elfe vient vous les briser avec sa voix stridente, là ça devient carrément insupportable.

 

« Bon alors ? Est-il enfin réveillé ? Non parce qu’il serait temps maintenant. Vous auriez pu frapper moins fort Grobil, il va avoir une vilaine bosse. Espérons qu’il ait encore l’usage de toutes ses capacités motrices et intellectuelles. Cwalmen, préparez un cataplasme pour ses blessures. Plexus tirez donc une bière de ce tonneau pour quand il se réveillera, nous devons l’amadouer… »

 

Quelques gouttes fraîches venaient se briser sur mon pif protubérant et se disperser dans mes cils broussailleux telle la bruine de mon pays d’origine. Au loin j’entendais quelques murmures qui me firent penser à une fourmilière dans laquelle grouillait tout un tas de fourmis. Il y avait visiblement beaucoup de monde autour de moi.

Dans un effort surnain j’ouvris ma paupière gauche. Celle de droite était bizarrement bien trop lourde et douloureuse. De mon œil ouvert j’observai une petite foule composée de personnages divers et variés. Il y avait là le minotaure qui m’avait assommé. C’est lui qui se rendit compte le premier que je m’éveillai.

 

« Maîtresse Cléhalène ! Le Nain revient à lui !

- Ah ! Excellent, excellent. Grobil, reculez, vous êtes sans doute un mauvais souvenir pour lui.

- Un mauvais souvenir ? J’lui ai sauvé la barbe à ce Nain. »

 

Ces mots me soulagèrent même si je restai méfiant. Apparemment, je n’allai pas resservir de sac de sable pour entraîner cette brute épaisse. J’étais dans une grande pièce souterraine à en croire les parois rocheuses qui délimitaient l’endroit. De l’eau me tombait dessus depuis une stalactite. Je me décalai donc sur ma gauche même si de toutes façons j’étais déjà trempé. Une dizaine d’individus se trouvaient dans la pièce.

 

L’Elfe qui donnait des ordres à tout le monde sembla vouloir communiquer :

« Ah ! Vous êtes de retour parmi nous. Parfait, parfait. Nous n’avons plus de temps à perdre maître Nibelund. Il faut vous lever et écouter ce que nous avons à vous dire et…

- Woh woh woh… calmos, qu’est-ce que j’fais là ? Z’êtes qui ? Et où suis-je d’ailleurs ? Et comment vous connaissez mon nom ?

- Pas d’inquiétude, vous êtes en sécurité.

- Ouais et c’est grâce à moi. » S’empressa de préciser le Minotaure comme s’il avait peur des représailles.

 

Mes souvenirs remontaient à la surface mais pas forcément dans le bon ordre. Sans doute la violence du coup de gourdin sur ma tête avait mis la pagaille dans ma cervelle. Je me remémorai la course poursuite dans les ruelles de Vahal, le meurtre auquel j’avais assisté, impuissant et puis cette masse, ce mufle, cette grosse vache qui m’avait assommé.

Pendant que défilaient dans ma tête toutes ces choses, l’Elfe à la voix stridente poursuivit son discours. Je reprenais le wagonnet de la conversation en essayant de dissimuler le fait que mon esprit avait légèrement décroché.

 

« … c’est donc vous qui allez vous en charger. »

 

Cependant vu la tournure de la dernière phrase, je fus bien obligé de demander à ce qu’on m’explique tout à nouveau. Hors de question de s’engager dans une chose dont on ne sait rien. J’avais visiblement agacé Cléhalène qui sortit avec toutes les personnes présentes en me lançant un regard des plus méprisant. Ce fut donc le minotaure, le seul à être resté dans cette salle obscure illuminé par quelques chandelles, qui me mit au parfum.

 

« Bon, je me nomme Grobil, c’est moi qui vous ai sauvé la mise dans la ruelle.

- Oui, ça j’avais compris mais vous auriez pu me demander gentiment de vous suivre.

- Vous l’auriez fait ?

- Euh… non.

- Voilà, je n’avais donc pas le choix.

- N’attendez tout de même pas que je vous remercie. Un Nain ne remercie jamais la main qui le frappe…

- Ni celle qui lui sauve la vie apparemment. Enfin bref, assez perdu de temps en palabres inutiles, je vous explique la situation. »

 

Ma première pensée fut que ce Minotaure ne devait pas être n’importe qui pour parler de la sorte sans faire meuhmeuh à la fin de chaque phrase. Ma seconde pensée fut que j’avais soif. Je pris donc la choppe que l’on m’avait amené et en descendit une bonne moitié dans mon gosier tout en écoutant Grobil.

 

« Vous êtes ici dans la Chambre des Chevaliers Abscons. Nous sommes une société secrète oeuvrant pour le salut des Vahaliens. Nous luttons contre une autre guilde, celle que dirige Prozak en secret et…

- Ah oui d’accord, tout s’éclaire, j’ai…

- TAISEZ VOUS ! Ecoutez, vous n’avez que ça à faire et nous n’avons que faire nous, de vos dires ! C’est clair ?

- Très clair.

Je dois dire qu’à ce moment, je me suis demandé si je ne préférais finalement pas la voix aiguë de l’Elfe.

- Bon alors je peux continuer.

Je me contentai d’un hochement de tête pour signifier mon approbation.

- Il y a peu, un ouvrage a été trouvé à la bibliothèque de Vahal. On y apprend que les Nains peuplaient Edenya bien avant que les Dieux ne décident de faire de cette terre un sanctuaire pour les réincarnés. Elaflor, le Faune que vous avez vu se faire occire par les hommes de Prozak au port était en train de travailler sur ce sujet. Enfin disons même qu’il avait terminé ses recherches.

- Des recherches sur quoi ? » Ça avait été plus fort que moi, il fallait que je sache.

« Le Sceptre de Brocken. Un artefact magique qui permettrait d’après ce que nous savons de plonger le monde dans le brouillard et l’illusion la plus totale.

- Oh c’est moche…

- Oui, d’autant plus que Prozak est sur le point d’envoyer ses sbires dans la Vallée des Brumes. C’est là que doit se trouver le Sceptre. S’il le trouve avant nous, c’est la fin de ce monde.

- Nous ?

- Oui. Vous ne pouvez plus faire un pas dans Vahal sans risquer de vous faire assassiner, il ne vous reste donc qu’une seule voie à suivre, celle des Chevaliers Abscons.

- Ah oui mais le hic c’est que je ne sais pas monter à cheval, je vais vous retarder dans votre quête.

- Nous n’avons de chevalier que le titre. Nous voyageons à pieds donc vous pouvez très bien nous accompagner.

- Oui, enfin, vous, vous voyager à pattes.

- Ahahah ! Vous n’arriverez pas à vous défiler ou à vous faire exclure. Nous avons besoin de vous pour remplacer Elaflor de toutes manières. »

 

J’ai tout tenté pour qu’on me laisse vivre tranquillement à Vahal mais le Minotaure avait toujours une réponse pour me contraindre à les accompagner. Après un bon moment de parlotte, je décidai d’abdiquer et de les suivre tel un condamné montant sur l’échafaud. C’est à ce moment que les autres Chevaliers Abscons revinrent garnir la petite pièce souterraine.

 

Grobil s’adressa à Cléhalène :

« Il accepte maîtresse. Nous pouvons donc rejoindre les autres.

- Très bien, alors partez sur le champ.

- Quoi ? Tout de suite ? Mais je n’ai aucun équipement.

- Prenez le paquetage d’Elaflor, là où il est il n’en a plus besoin. »

 

L’Elfe me tendit un sac qui sentait légèrement le bouc. Nul doute qu’il avait dû appartenir au Faune. Quoi qu’il en soit, je ne me sentais pas prêt à partir, j’aurais voulu encore poser milles questions mais on ne m’en laissa pas le temps.

 

« Attendez, attendez, je voudrais en savoir un peu plus sur cette quête qui démarre, sur votre Ordre des Chevaliers Abscons, sur…

- Grobil vous expliquera tout en route. C’est un long périple qui vous attend.

- Mais… »

 

Je sentis une main poilue m’attraper avec force par la nuque et me tirer hors de la salle secrète.

 

« Filons, les autres nous attendent ! »

 

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12 avril 2009 7 12 /04 /avril /2009 02:04

[L’histoire qui suit a remporté le premier prix du concours de fanfiction organisé par les créateurs du jeu de rôle par forum Edenya. Le premier prix n’était autre que la BD de Koulou, « Le Monde de Titus » spécialement dédicacé pour l’occasion. Les illustrations qui ornent ce récit sont l’œuvre de SAD. Un grand merci à tous.]

 

Chapitre 3 : Intrigues à Port Vahal

 

La Lune pleine se reflétait sur la surface tumultueuse de l’océan. Je rentrai tranquillement au port sur ma barque de fortune en ramant vigoureusement. La pêche avait été maigre mais je remerciai Gaïatanne et Teos’han d’avoir tenu loin de moi les krakens et d’avoir permis à mon déjeuner de garder sa place dans mon estomac bien que cela ne soit pas dans leurs attributions.

Tandis que j’accostai sur l’un des quais de Vahal, je remarquai la présence de trois personnes sur la jetée opposée. Elles avaient apparemment un contentieux à régler car les deux plus grands personnages semblaient molester le plus petit. Je décidai de ne point m’occuper de choses qui ne me regardaient pas et fis donc mine de rentrer au bercail. Je ne sais pas si l’on me remarqua mais à mon avis non. Les voix des trois individus s’élevèrent. Curieux, je me glissai derrière une caisse pour comprendre de quoi il en retournait.

 

« Alors comme ça tu fais parti de l’Ordre des Chevaliers Abscons ? Sembla demander l’un des deux grands types au plus petit.

- C’est pas bien ça, non, vraiment pas bien du tout, ajouta l’autre grand type d’un air sadique.

- Je… non, voyons, vous faites fausse route, moi, un faune, réfléchissez comment pourrais-je être un membre de cet ordre d’élite…

- Ah ! Tu vois ! Tu reconnais que ce sont des élites !

- C’est pas bien ça, non, pas bien du tout.

- Quand bien même, cela ne fait pas de moi l’un des leurs. Si ?

- Non. Mais nous savons que tu es l’un des leurs ! Inutile de le nier. Prozak nous a payé grassement pour te tuer ! Et c’est ce que nous allons faire… »

 

C’est à ce moment que je compris que l’histoire pouvait à tout moment tourner au vinaigre et Aghlou seul sait combien le vinaigre est dégueulasse à Vahal. Malheureusement, le temps que je réfléchisse à un plan pour venir en aide au faune, celui-ci était déjà en train de nourrir les poissons. Bien que je ne me souvienne pas vraiment d’avoir entendu parler de poissons mangeant de la chèvre. A part les krakens bien sûr mais on les trouve plus au large.

Enfin, bref, ne sachant pas nager, je ne pouvais pas me risquer à plonger dans cette eau salée et si souvent souillée par les tanneurs, les lavandières et les quelques bons clients de l’auberge Moules, Bittes et Bières [1]. Non, vraiment c’était impossible de se jeter à l’eau sans risquer la noyade ou de choper une maladie quelconque. Je pris donc l’initiative de prévenir la garde. J’avais le nom du commanditaire, nul doute qu’on ne tarderait pas à l’arrêter. J’attendis d’abord que les hommes de main de Prozak s’en aillent tels des loups ayant fini leur besogne et je filai à travers les rues et ruelles, en direction du poste de garde.

 

C’est fou ce que Vahal et ses rues pavées peuvent être inquiétantes la nuit. Même si Homénone se charge de faire briller la Lune pour éclairer le chemin des pèlerins, les ombres maléfiques semblent danser dans chaque recoin.

Une petite torche au loin m’indiquait que je n’étais plus très loin de la caserne. Je forçai donc l’allure quand soudain se dressèrent devant moi deux hommes. Un frisson qu’aujourd’hui encore je peux décrire avec une grande précision me parcourut le corps. De la plante des pieds jusqu’à la moindre fourche de ma barbe frisottante. La peur aurait pu me faire hurler mais je restai tout à fait humble en m’apercevant qu’il s’agissait de deux gardes.

 

« Ah ! Vous tombez bien ! Je viens d’assister à un meurtre dans le port… Un faune.

- Hmm… Faut pas traîner seul dans les rues vous savez. Avez-vous vu les assassins ?

- Non. Mais j’ai le nom du commanditaire.

- Intéressant. Et de qui s’agit-il ?

- D’un dénommé Prozak. Vous le connaissez ?

- Non, pas vraiment. Pas du tout même. Veuillez nous suivre pour que nous puissions prendre acte de votre plainte. »

Alors que je suivais celui des deux qui j’en étais sûr savait parler, l’autre vînt se placer derrière moi. Je ne me rendis pas vraiment compte de la situation car tout en marchant en direction des bureaux de la garde, nous poursuivions la discussion.

« Et que faisiez-vous dans le port à une heure si tardive ?

- Oh, je rentrais de la pêche, vous savez ce que c’est, nous autres pêcheurs n’avons pas vraiment d’heure. Ce n’est pas comme vous, les fonctionnaires de Vahal… les employés d’bureaux comme on dit.

- Ahah… Tu entends ça Tirab ? On dirait que notre ami Nain se moque de nous.

- C’est pas bien ça, non, pas bien du tout. »

 

Cette phrase était celle qu’avait répétée l’un des deux meurtriers du port. Je réalisai aussitôt ma bévue. Au lieu d’aller demander de l’aide dans une auberge, là où l’on trouve toujours les meilleurs citoyens prêts à rendre service, j’étais allé me jeter dans la gueule du loup.

En me retournant, je vis l’homme brandir une épée au dessus de sa tête et son but était visiblement de l’abattre sur ma propre caboche pour la fendre en deux. Heureusement, je n’avais pas perdu de mon agilité d’antan et je réussis in extremis à esquiver le coup. Dans mon élan, je pris la fuite avec les deux hommes à mes trousses. Sans trop savoir où j’allai, je ne pensai même pas à crier. Je courrais dans les rues de Vahal sans autre but que d’échapper à mes poursuivants qui me réservaient sans doute un sort semblable à celui du faune que j’avais vu périr et je vous le redis, l’eau du port est vraiment trop crade pour qu’on veuille s’y baigner.

Je déambulai dans les ruelles du quartier du commerce quand soudain j’eus l’impression de percuter un mur. Je me retrouvai sonné, les fesses sur des pavés glacés. Levant la tête, je contemplai un minotaure gigantesque qui tenait un sac de jute dans une patte et un gourdin dans l’autre. Alors que je m’apprêtai à hurler, ce qui n’aurait servi qu’à donner ma position aux deux gardes véreux, d’un coup, d’un seul il m’assomma.

 

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***

 

[1] Moules, Bittes et Bières est un surnom donné par les Nains de Vahal à l’auberge du port. On peut y voir plusieurs jeux de mots, notamment concernant les dessous du propriétaire Madak Beden-Brikfeust. Je n’en dis pas plus, mes cousins, eux, comprendront toutes les subtilités.

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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 02:01

[L’histoire qui suit a remporté le premier prix du concours de fanfiction organisé par les créateurs du jeu de rôle par forum Edenya. Le premier prix n’était autre que la BD de Koulou, « Le Monde de Titus » spécialement dédicacé pour l’occasion. Les illustrations qui ornent ce récit sont l’œuvre de SAD. Un grand merci à tous.]

 

Chapitre 2 : Six semaines plus tard

 

Je vous passe mes errances dans les rues de Vahal en cette fameuse journée du 25 vindemia. Les boutiques de tailleurs sont fermées le 25 vindemia. Les quincailleries aussi d’ailleurs. En fait, à part les tavernes et les auberges, il n’y a rien d’ouvert le 25 vindemia. C’est un jour férié. La fête des vendanges. Pour sûr, si j’étais mort un jour plus tôt je n’aurais pas eu à le regretter. Je serai arrivé le 24 vindemia et j’aurais alors pu trouver des vêtements.

 

Enfin bon, à part ça, tout c’est ensuite bien passé. J’ai appris à découvrir les nombreuses subtilités de cette nouvelle vie qui s’offrait à moi. Et pour tout vous dire, ce fut d’abord la consternation.

« Mais y’a qu’des Elfes ici ?

- Non, il y a aussi des Eïls. » [1]

Il est clair qu’on pense sérieusement à réduire sa consommation de bière la première fois qu’on rencontre un Eïl. Imaginez, une bête poilue avec des ailes et qui parle en plus. Terrible. Effrayant même.

 

Il y a eu ensuite cette impression que l’on se moquait légèrement de moi pour ne pas dire qu’on se foutait carrément de ma gueule.

« Hein ? Mais où est mon pognon ? » J’ai vite compris qu’il valait mieux dépenser sa paie à la taverne que la garder précieusement au fond de sa poche. Les voleurs sont habiles et bien organisés. Contrairement à d’autres…

« Bonjour, c’est pour une plainte.

- Ah oui ? C’est à quel sujet ?

- Un vol.

- Ahahah ! Eh les gars, vous avez entendu ? Encore un trouduc qui s’est fait détrousser ! » J’ai rapidement réalisé que le métier de fonctionnaire, plus particulièrement celui de garde, était ici aussi gangrené par la corruption et la fainéantise.

 

Je me suis aussi aperçu que trouver du travail était plutôt facile pour ceux qui n’aspiraient pas à de trop grandes ambitions.

« Bonjour, je cherche du travail et…

- Ouais. C’est huit pièces de bronze la semaine et tu as intérêt à te remuer les miches. La serpillière est dans le placard de gauche. »

Sans vous parler du fait que monter son commerce pouvait vous valoir une place avec vue sur la mer dans le magnifique cimetière de cette charmante bourgade. Car oui, réincarné ne signifie pas immortel.

« J’te préviens, si tu m’fais d’la concurrence j’te fume dans une ruelle ! On retrouvera ton cadavre baignant dans une mare de sang. »

 

Bref, je découvrais les dessous de Vahal en priant tous les jours Gaïatanne pour que ma vie soit longue… ou brève mais sans souffrance. Je laissais également traîner mes oreilles dans les différentes tavernes du village et à mes heures perdues, je me rendais à la bibliothèque pour m’informer toujours davantage sur le monde un peu loufoque qui m’entourait. Non mais franchement, des Eïls…

 

C’est après six semaines à gambader à travers les rues, que je crois pouvoir dire que je me suis senti être un vrai Vahalien. J’avais un boulot au port, mes entrées dans les auberges les plus smart [2] et une pléiade de camarades de boissons. Je ne faisais par contre parti d’aucune guilde ou société secrète, chose importante à souligner quant à la suite des évènements.

 

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***

 

[1] D’après une enquête de la Guilde du Trésor Public, les Elfes représentent 76% de la population Vahalienne. (Attention, l’Eïl est une espèce protégée par Copyright et appartient aux créateurs d’Edenya).

[2] Ni le traducteur Elfe, ni les Nains de Vahal ou Liam Sobresaule n’ont pu traduire ce terme.

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